Kabila défie l'opposition et nomme un gouvernement à 59 membres

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Le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a nommé un nouveau gouvernement de transition malgré les protestations d'une partie de l'opposition. Le nouvel exécutif, dirigé par un transfuge du principal parti d'opposition, Bruno Tshibala, mais dominé par le camp présidentiel, comprend 59 membres.

Sans surprise, les partisans du président congolais Joseph Kabila se sont vus attribuer les ministères clés - Intérieur, Affaires étrangères, Justice, Mines - dans ce nouveau gouvernement de transition auquel participent aussi des membres de l'opposition.

Les autres opposants accusent le président congolais de violer ainsi l'accord conclu en décembre lorsque l'opposition avait accepté son maintien au pouvoir à l'issue de son mandat à la condition qu'il organise des élections d'ici à la fin 2017.

"Kabila doit partir"

Les discussions sur la formation d'un gouvernement ont échoué en mars lorsque Joseph Kabila a refusé de nommer le Premier ministre proposé par les opposants. "Ce gouvernement est illégitime, nous ne le reconnaissons pas", a déclaré Martin Fayulu du parti d'opposition Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé). "Il n'y a pas d'autre feuille de route possible en dehors de cet accord. Si cet accord devient caduc, Kabila doit partir", a-t-il ajouté.

Joseph Kabila a réussi a convaincre une partie des opposants d'intégrer le gouvernement, à l'image du Premier ministre Bruno Tshibila, nommé le mois dernier, qui est un ancien secrétaire général adjoint et porte-parole de l'UDP (Union pour la démocratie et le progrès social), la principale formation de l'opposition.

Or Bruno Tshibala a été exclu de l'UDPS le mois dernier après avoir contesté la désignation des successeurs à Etienne Tshisekedi, le fondateur de l'UDPS mort le 1er février dernier à l'âge de 84 ans. Felix Tshisekedi, qui a remplacé son père à la présidence de l'UDPS, avait déjà déclaré en avril que Joseph Kabila avait violé l'accord du 31 décembre 2016 qui prévoyait qu'il nomme comme Premier ministre une personnalité choisie par l'opposition.

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