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Silence, on tue en RDC

Journaliste

Plusieurs villages congolais attaqués à Noël.

Les Congolais auraient aimé fêter Noël. Mais, cette année, la fête a été annulée. Le président Joseph Kabila a décidé de s’accrocher au pouvoir, en dépit de la constitution. Un climat délétère s’est installé sur l’état-continent, sur lequel un régime corrompu et prévaricateur veut continuer à régner. L’armée congolaise a été déployée à Kinshasa et dans les grandes villes pour dissuader la population de bouger. Tandis qu’à l’Est, la faucheuse s’est activée. Samedi et dimanche, au moins 35 personnes ont été massacrées à l’arme blanche dans plusieurs villages du Nord-Kivu.

Jour après jour depuis quelques semaines, des dizaines d’habitants de l’Est du Congo tombent, dans l’indifférence la plus totale.

De plus en plus de voix au sein de l’opposition congolaise et de l’Église dénoncent la passivité du président Joseph Kabila.

Depuis octobre dernier, 700 Congolais, hommes, femmes et enfants ont été tués chez eux. Le plus souvent, ces gens, parmi les plus miséreux du monde, coupés de tout, ignorent la cause de l’attaque qu’ils subissent. Leurs auteurs, souvent très jeunes et sous l’emprise de stupéfiants, ne savent pas toujours, eux-mêmes, pourquoi ils agissent.

Qui sont ces assassins? Des rebelles ougandais musulmans (ADF), des Maï-Maï, des milices ethniques locales soucieuses d’éliminer des Hutus rwandophones, des déserteurs, des brigands. Leurs motifs? S’accaparer les richesses minières, imposer leur ethnie, prendre un territoire.

Voici vingt ans que cette région est le théâtre de massacres. De plus en plus de voix au sein de l’opposition congolaise et de l’Église dénoncent la passivité du président Kabila, qui "profiterait" de cette instabilité. La version des "rebelles" de l’ADF est de plus en plus contestée. On imagine mal qu’un chef d’État se sente désintéressé à ce point par le sort de ses concitoyens. Pourtant, on se prend de plus en plus à douter.

L’ONU ne dit pas grand-chose et en fait encore moins, ses casques bleus étant casernés lorsque les milices frappent. L’Europe, rivée sur ses crises internes, refuse de donner de la voix. La France est aux abonnés absents. La Belgique joue la carte du silence.

Jusqu’à quand la communauté internationale pourra-t-elle tolérer l’intolérable?

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