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Solvay vise le long terme avec les investisseurs

Patrick Verelst, 53 ans, affiche déjà une longue expérience dans les Relations Investisseurs. Après un passage en gestion de patrimoine à la Kredietbank et à la salle des marchés de la CGER, ce Malinois gradué en comptabilité et licencié en sciences économiques appliquées débute dans les Relations aux Investisseurs chez Fortis en 1994, avant de rejoindre Interbrew en 2000. Il quittera le brasseur, entre-temps rebaptisé InBev, pour Solvay en 2006.

"Interbrew qui s’introduisait en Bourse avait besoin d’une exposition importante à l’étranger, explique-t-il. J’ai ensuite rejoint Solvay, une très belle société qui continue à se développer à l’international: un peu moins de 2% du chiffre d’affaires se réalise en Belgique et il est normal que notre actionnariat institutionnel évolue dans la même direction."

Outre les 30 % de Solvac, le holding des familles fondatrices, et une part de 3% réservée au programme de stock options, le capital de Solvay est détenu par des particuliers et des investisseurs institutionnels qui ne dépassent toutefois pas le seuil de 3%. "Nous sommes bien présents dans des portefeuilles institutionnels un peu partout sur le continent européen, en France, en Allemagne, en Italie, en Suisse, aux Pays-Bas et même dans des pays où nous ne faisons pas encore de road shows comme par exemple en Autriche", détaille Patrick Verelst. Si les actionnaires sont de plus en plus nombreux au Royaume-Uni et en Irlande, la présence de Solvay dans les portefeuilles aux Etats-Unis et au Canada reste en revanche plus modeste.

Stratégie de long terme

Les investisseurs internationaux occupent donc une place importante dans l’agenda de Patrick Verelst qui organise chaque année une trentaine de road shows en Europe et en Amérique du Nord. À ces présentations s’ajoutent aussi de nombreuses conférences thématiques organisées par des brokers, des présentations aux investisseurs autour d’une activité spécifique du groupe, des visites de sites à destination des gestionnaires de fonds et des analystes, des rencontres avec les agences de notation. L’objectif n’est pas de vendre l’action Solvay mais bien de fournir un maximum d’informations et de développer une relation à long terme. "Solvay est une société industrielle: si on prend des décisions cela va prendre quelques années pour que les usines en question soient construites et tournent à plein régime, explique Patrick Verelst. Il s’agit donc d’une stratégie à long terme et nous ne voulons nullement donner l’impression que vous êtes à la bonne adresse pour un gain rapide. Solvay est une société avec une croissance durable et rentable, ni plus ni moins. On veut être très transparent. On ne veut pas créer auprès de nos actionnaires d’autres espoirs que ceux qui sont raisonnables."

Le message semble avoir été bien reçu. Les actionnaires institutionnels de Solvay sont essentiellement des investisseurs de long terme, gestionnaires de fonds de pension ou de réserves techniques d’assurance, attirés notamment par la politique de croissance du dividende menée par Solvay. La stratégie financière prudente du groupe semble de plus en plus appréciée par des investisseurs échaudés par la crise. "Auparavant, de nombreuses personnes me disaient "Patrick, you do have an inefficient balance sheet". Je leur répondais: "well, that’s not a fatal disease". Plus personne ne rigole avec cela aujourd’hui! Il y a de nombreux institutionnels qui ont disparu dans le monde de la gestion de patrimoine. Il y a eu beaucoup de changements suite à la crise financière."

Manque de transparence

Les investisseurs particuliers ne sont pas pour autant délaissés: tous les deux ans, le management de Solvay présente sa stratégie et répond aux questions des petits porteurs lors d’une soirée à laquelle assistent environ 350 personnes. Le groupe a d’ailleurs créé sur son site internet un club des investisseurs comptant actuellement 2.800 membres qui reçoivent des communiqués de presse, le rapport annuel et des publications spécialisées.

Après près de quinze ans dans les Relations Investisseurs, Patrick Verelst ne relève que très peu de points négatifs dans un métier qui lui offre une grande diversité et de nombreux contacts. Il occupe d’ailleurs la vice-présidence de la BIRA, l’association belge des Relations aux Investisseurs. Seul point noir, un certain manque de transparence. "Par définition on attend de nous une très grande transparence, explique-t-il. En revanche, certains de mes interlocuteurs ne veulent pas parler de leurs positions dans le titre Solvay. J’ai du mal à trouver cela sérieux."

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