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Un iPad ne sert à rien si l'enfant ne maîtrise pas les savoirs classiques

©AFP

Au classement Pisa, les jeunes Belges sont juste au-dessus de la moyenne de l'OCDE pour les compétences en lecture "en ligne". Mais attention, internet n'est pas la panacée pour les apprentissages. Rien ne sert de mettre un iPad dans les mains d’un enfant s’il ne maîtrise pas les savoirs classiques, comme l’écriture, la lecture, le calcul…

Nos jeunes se débrouillent-ils bien pour chercher, lire et décoder la masse d’information qu’ils peuvent trouver sur internet? Dans notre monde hyperconnecté, cette compétence est devenue tout aussi essentielle pour réussir à l’école que celle – toute simple – qui consiste à ouvrir et lire un livre. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a donc lancé une nouvelle enquête de type Pisa afin d’évaluer les compétences en lecture "en ligne" des jeunes à travers le monde.

Les résultats, qui portent sur l’année 2012, sont publiés aujourd’hui. Et nos élèves s’en sortent assez bien. Ils se situent, en fait, dans le ventre mou de la cohorte des pays retenus par l’OCDE, dans la fourchette de position du classement 14-17 (sur 31 rangs). Nos élèves (francophones et Flamands mélangés) totalisent un score moyen de 502 points, contre 567 pour le premier du classement, Singapour.

Lorsque les TIC sont utilisées en classe, leur incidence sur la performance des élèves est mitigée.

Notons également que les jeunes Belges s’en sortent presque aussi bien en compréhension de l’écrit électronique que sur le papier. En effet, lors du Pisa sur la compréhension à la lecture de 2012, les élèves belges avaient obtenu un score moyen de 509 points.

Quels sont les critères pour être considéré comme un "bon" lecteur en ligne? Pour tester les élèves, l’OCDE a mis sur pied un programme de simulation de navigateur, incluant des sites web, des onglets, des hyperliens, afin d’observer le comportement de navigation sur internet des jeunes. A ce petit "jeu", les Asiatiques sont, sans conteste, les plus forts: Singapour, la Corée, Hong-Kong et le Japon occupent les quatre premières places du classement. Vient ensuite le Canada. Les Etats-Unis n’obtiennent que le rang 10-15. A noter que la Chine, qui prend la première place du classement à l’écrit "papier", n’arrive manifestement pas à retranscrire cette performance dans un environnement virtuel, les élèves de Shangai n’étaient classés "que" au rang 5-6.

Quel impact sur la scolarité?

Dans son analyse, l’OCDE tire aussi des constats plutôt sévères face à l’essor du numérique à l’école. "Lorsque les technologies de l’information et de la communication (TIC) sont utilisées en classe, leur incidence sur la performance des élèves est mitigée, note l’OCDE. Les pays qui ont consenti d’importants investissements dans les TIC dans le domaine de l’éducation n’ont enregistré aucune amélioration notable des résultats de leurs élèves en compréhension à l’écrit, en maths et en sciences…", constate l’organisation en croisant ses données. Au contraire, entre 2000 et 2012, les performances des élèves utilisant couramment internet à l’école ont reculé…

Pour atténuer la fracture numérique, il faut d’abord améliorer l’équité du système d’éducation.
OCDE

L’OCDE ne met pourtant pas le numérique à la poubelle. à ses yeux, si les jeunes n’acquièrent pas les compétences de base en matière de lecture, d’écriture et de décodage du web, ils ne seront pas en mesure de participer pleinement à la vie économique et sociale du monde qui les entoure. Et pour cela, posséder un ordinateur ne suffit évidemment pas…

Fracture numérique

L’enquête Pisa numérique montre malgré tout que 95% des élèves de l’OCDE possèdent au moins un ordinateur à la maison, et 43% en possèdent au moins trois. Les différences dans l’accessibilité aux ordinateurs se sont aussi atténuées entre 2009 et 2012. Mais l’OCDE insiste: pour atténuer la fracture numérique, il faut d’abord améliorer l’équité du système d’éducation"Garantir l’acquisition par les enfants des compétences de base (écrit, math) est davantage susceptible d’améliorer l‘égalité des chances dans le monde numérique que si l’on se borne à élargir les subventions de l’accès à la haute technologie." Comprenez: rien ne sert de mettre un iPad dans les mains d’un enfant s’il ne maîtrise pas les savoirs classiques, comme l’écriture, la lecture, le calcul…

©Roel Burgler/Hollandse Hoogte

Offrir un accès internet poussé aux enfants à l’école et à la maison doit aussi être cadré. Dans ses conclusions, l’OCDE tire la sonnette d’alarme face aux"aspects potentiellement nuisibles" de l’utilisation du web. L’organisation pointe le temps passé par les jeunes sur la Toile. Les élèves passant plus de 6 heures sur internet en dehors de l’école sont susceptibles de décrocher, dit l’OCDE. Un constat logique, mais qui concerne 7,2% des jeunes de l’OCDE… En Belgique, 5,5% des jeunes seraient dans ce cas.

99% ont un ordinateur à la maison

55% des élèves ont trois ordinateurs à la maison.

2,8: Nombre moyen d’ordinateur par élève à l’école

65,3%: Pourcentage d’élèves utilisant un ordinateur à l’école

Pourcentage d’élèves surfant sur internet pour l’école

57% à la maison | 30% à l’école

Temps d’utilisation d’internet en semaine (en minutes) 

94 à la maison | 22 à l’école

source: OCDE

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