reportage

Chez Steiner, on apprend aussi en cultivant… des légumes

Dans l'école de l'Arbre en Ciel, la majorité des matériaux sont tirés de la nature. ©Kristof Vadino

Le week-end dernier, à l’école de l’Arbre en ciel, les parents se sont activés. Frotter, récurer, ranger, recycler…

Dans la petite école à pédagogie Steiner, située dans le hameau de Cupret (Assesse) dans le namurois, tout le monde met la main à la pâte pour faire vivre l’établissement. Comme dans beaucoup d’écoles à pédagogie active, un important travail collaboratif est mis en place. Entre les enseignants, les élèves et… les parents.

L’école de l’Arbre en ciel est d’ailleurs née de l’initiative de parents ayant choisi des "Jardins d’enfants" à pédagogie Steiner, mais contraints de mettre ensuite leur enfant dans l’enseignement classique. Car jusqu’à ce que l’Arbre en ciel ne soit créé, il n’existait en Belgique francophone qu’une seule école labellisée Steiner: celle de Court-Saint-Etienne. Une grande différence par rapport à la situation en Flandre, qui compte 20 écoles fondamentales Steiner, et 10 écoles secondaires.

La nature à l’avant-plan

La pédagogie Steiner est basée sur le postulat qu’il faut laisser se développer l’enfant en respectant ses rythmes, et en le laissant faire ses choix librement. "On axe aussi fortement la pédagogie sur le pourquoi on fait les choses", explique la responsable de l’école "L’Arbre en ciel" Marie Claisse. Particularité de Steiner, les apprentissages sont basés sur les cycles de 7 ans (on les appelle des "septaines").

"La nature est la première composante du monde. Elle prend beaucoup de place dans la pédagogie."
marie claisse
responsable de l’école l’Arbre en ciel

"La première septaine est donc axée sur la découverte physique". Chez Steiner, les plus jeunes enfants passent énormément de temps à l’extérieur. À Assesse, cela tombe bien. L’école est basée dans une ancienne ferme. Devant l’espace récréatif, les prairies dégringolent jusque dans la vallée. Un cadre idyllique. Une fois par semaine, ils sortent en forêt, explorent la nature et ses richesses. Et en ramènent des éléments en classe… 90% du matériel utilisé par les enseignants provient de la nature: carottes de pins, morceaux de tissu, bois,… Dans l’école, tous les meubles sont en bois, en pierre, les peintures sont choisies en fonction des saisons. "La nature est la première composante du monde. Elle prend beaucoup de place dans la pédagogie."

Steiner se base aussi sur les rythmes, les rituels. Les journées d’école sont rythmées par une activité phare par jour, que ce soit de la peinture, des activités manuelles, balade en forêt, cuisine,… "Dans cette première septaine, la porte d’entrée de l’apprentissage est le corps. L’enfant vit, ressent et peut en déduire des choses."

©Kristof Vadino

La seconde septaine s’adresse à l’affectif de l’enfant, le cœur. Le matériel est très coloré, jusqu’aux cahiers et trousses en tissu réalisées par les enfants. Chez Steiner, pas de feuilles photocopies, on écrit. À l’ancienne. Les enfants travaillent par périodes de 3 à 5 semaines sur une même matière, et les après-midi sont consacrés à d’autres apprentissages: maraîchage, travaux manuels, sorties en forêt (encore). Les enfants de 4-5-6e primaire auront des périodes d’apprentissage classique un peu plus longues que les plus jeunes.

Comment, alors, se conformer aux prescrits de la Fédération Wallonie-Bruxelles afin d’être subventionnés? "Nous voulons permettre l’accessibilité à tout le monde, dit Marie Claisse. Les normes de la fédération sont donc respectées. On a juste quelques professeurs engagés sur fonds propres pour les apprentissages manuels, le maraîchage, etc."

Les enfants passent leur CEB, comme partout. Le formulaire est juste adapté pour coller à la pédagogie et ses rythmes spécifiques.

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