Ageas boosté par l'Asie et des exceptionnels

©BELGA

Ageas a enregistré un bénéfice net de 877 millions d'euros au cours des neuf premiers mois de l'année. Le groupe doit cet accomplissement à ses bons résultats en Asie sur le segment Vie et en Belgique dans le Non-Vie.

Avec un résultat net de 877 millions d'euros, Ageas réalise une meilleure performance que les prévisions des analystes, qui tablaient en moyenne sur un chiffre 865 millions d'euros sur les neuf premiers mois de l'année. Le groupe atteint ainsi quasiment ses objectifs annuels, fixés entre 800 et 900 millions d’euros pour l’exercice 2019.

"S’il n’y a pas de grosse tempête, ni de turbulence sur les marchés financiers, nous passerons la barre du milliard d’euros", estime Bart De Smet, le CEO d’Ageas.

Les activités asiatiques en vie ont connu une belle croissance (442,9 millions d'euros sur les neuf premiers mois de l'année, contre 210,4 en 2018). Ageas a conclu plusieurs joint-ventures dans la région, notamment en Chine, en Inde, au Vietnam ou encore en Malaisie. Les encaissements à taux de change constant ont augmenté de 19% dans la région en comparaison avec l'année précédente.

–> Retrouvez ici l'intégralité du communiqué

De manière générale, Bart De Smet se félicite des résultats engrangés en Asie. "Nos prévisions pour l’Asie étaient un bénéfice de 275 à 325 millions d’euros. Je pense que nous serons plutôt entre 300 et 350 millions d’euros."

Boostés par les exceptionnels

En Europe continentale, et particulièrement en Belgique, c'est le non-vie qui tire les chiffres vers le haut. L'assurance dommage d'AG réalise ainsi "une très solide performance opérationnelle"), même si elle est légèrement en dessous de celle de l'année passée. 

A contrario, au Royaume-Uni, le troisième trimestre est marqué par un bénéfice net divisé par deux. Celui-ci s'explique par une forte inflation des sinistres automobiles, constatée sur l'ensemble du marché britannique, précise Ageas.

La presse spécialisée britannique a fait état en octobre de la volonté de Tesco de racheter les parts d’Ageas dans la joint-venture que les deux entreprises ont mis ensemble sur pied. Tesco Underwriting génère un tiers de revenus d’Ageas outre-Manche. Bart De Smet, comme à son habitude, ne souhaite pas commenter les rumeurs. "Nous avons prolongé notre accord en 2014 pour une durée de sept ans. Il court donc jusqu’en 2012."

Les chiffres ont également été influencés par des éléments exceptionnels:

> Ageas a ainsi pu comptabiliser une revalorisation de 106 millions d'euros des éléments RPN(I), qui datent encore de l'époque Fortis
> Des plus-values sur des ventes d'actions en Chine ont par ailleurs généré 30 millions d'euros au cours de ce trimestre, contre une perte de 40 millions l'année passée.

Affaire Fortis

Ageas indique avoir déjà payé quelque 625 millions d’euros à 185.000 anciens actionnaires de Fortis qui s’étaient prononcés en faveur du règlement conclu l’année passée. Cependant, en raison du nombre de demandes de dédommagements, qui a grimpé jusqu’à 290.000, il faudra encore attendre l’année prochaine pour que tous les petits porteurs floués reçoivent une compensation.

185.000
actionnaires
625 millions d’euros ont déjà été versés dans le cadre du règlement Fortis à 185.000 anciens actionnaires.

Les 600 millions restants mis de côté par Ageas dans le cadre de cet accord ne pourront être partagés que lorsque toutes les réclamations seront validées. Le nombre élevé de demandes a également obligé le groupe à mettre au frais quinze millions d’euros supplémentaires afin de régler les frais administratifs.

"C’est moins facile dans ce contexte de proposer des produits attractifs"

Le mois passé, Crelan officialisait le rachat d’AXA Banque. La nouvelle banque bénéficiera des produits Non-Vie d’AXA. Il y a une semaine, Baloise annonçait reprendre l’assurance "dommage" Athora, après avoir déjà mis la main sur Fidea. Assiste-t-on à une reconfiguration du secteur en Belgique ?

Nous sommes les deuxièmes dans le secteur Non-Vie après AXA, mais nous enregistrons une croissance organique supérieure à celle du marché. Nous ne constatons aucun impact direct sur nos parts de marché. Cependant, la consolidation du marché belge n’est pas illogique étant donné le nombre important d’acteurs.

 Les taux d’intérêt demeurent très bas. Comment voyez-vous la situation à moyen terme ?

Nous ne sommes absolument pas inquiets concernant notre portefeuille, pas plus que pour ce qui est relatif à nos nouvelles affaires, car nous gardons la même discipline. C’est évidemment moins facile dans ce contexte de proposer des produits attractifs aux clients. Et il n’y a pas beaucoup d’alternatives pour ceux qui veulent un rendement garanti: le compte-épargne et l’assurance-vie avec garantie. Pour ce dernier, avec la participation bénéficiaire, on arrivait l’année passée à un rendement total de 2%. Mais ce n’est pas une garantie pour l’avenir. Nous devons partir du principe que dans la situation actuelle, le rendement sera en dessous des 2%.

Ageas réalise de bonnes prestations en Bourse et vous disposez de réserves pour procéder à des acquisitions.

Nous avons réalisé une performance de +35% à la Bourse cette année, ce qui représente environ trois milliards d’euros de capitalisation. Tout le monde n’a pas réalisé cette évolution dans le secteur. Il faut aussi avoir un peu de chance certaines années. Cela dépend d’où vous terminez l’année. Si vous chutez peu avant la fin, ce sera aussi plus facile de remonter par après. Maintenant, si on regarde la situation à un an, trois ans, cinq ans ou dix ans, nous présentons un bon rapport.
Pour ce qui est des acquisitions, nous regardons quelles cibles nous conviendraient bien et à quel prix, sans payer trop. Nous sommes appréciés des investisseurs parce que, dans tous les secteurs, il y a beaucoup de rachats qui ne créent aucune valeur. Il y a beaucoup d’argent, donc acheter est facile, mais bien acheter n’est pas aussi facile que cela.

 


 

 

S’il n’y a pas de grosse tempête, ni de turbulence sur les marchés financiers, nous passerons la barre du milliard d’euros ", estime même Bart De Smet, le CEO d’Ageas.

Lire également

Publicité
Publicité