Ageas croule sous les demandes des actionnaires de Fortis

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Ageas a enregistré, au premier semestre, un bénéfice net de 606 millions d'euros, contre 441 millions un an plus tôt. Il va lancer un nouveau programme de rachat d'actions. Les nouvelles sont moins bonnes, par contre, pour les actionnaires de Fortis.

Tous les voyants sont au vert, ou presque, chez Ageas , qui signe le meilleur semestre de son histoire.

290.000
demandes
290.000 investisseurs ont demandé une compensation dans le cadre du règlement Fortis.

Mais le premier sujet d’actualité concernant le groupe d’assurances, c’est sans aucun doute celui de l’indemnisation des actionnaires de Fortis. La période de dépôt des demandes d’indemnisation se clôturait le 28 juillet, et Ageas a reçu pas moins de 290.000 demandes – largement plus que les 175.000 à 200.000 prévues. Sur ce total, 159.000 dossiers ont déjà reçu une indemnisation partielle, pour un total de 593 millions d’euros. Mais vu le nombre de demandes, l’enveloppe de 1,3 milliard réservée par Ageas pourrait être insuffisante pour dédommager tout le monde à 100%.

Dans l'interview qu'il nous a accordée, le CEO d'Ageas Bart De Smet temporise: "Il est trop tôt pour dire quelle indemnisation les actionnaires de Fortis recevront", dit-il. "Il pourrait y avoir une certaine dilutionMais il est impossible d’être plus précis à ce stade. Tous les dossiers n’ont pas encore été vérifiés: il y a peut-être des doublons, par exemple. Il faudra attendre la fin de l’année pour avoir une vue précise sur la question."

  • Le titre du groupe progressait de plus de 1,5% en milieu d'après-midi.

Semestre historique

Du côté des résultats, le groupe d’assurances a enregistré, au premier semestre, un bénéfice net de 606 millions d’euros, contre 441 millions un an plus tôt. Les bénéfices au deuxième trimestre font un véritable bond: en vie, ils ont plus que doublé, passant de 121 millions l’an dernier à 262 millions, grâce à un résultat exceptionnel en Asie, lié à un changement rétroactif du régime fiscal; et en non-vie, ils affichent une hausse de 48%, passant de 55 millions l’an dernier à 81 millions, grâce à de bonnes performances en Belgique et au Portugal ainsi qu’à la libération d’une réserve au Royaume-Uni.

Ces deux éléments exceptionnels, le changement de régime fiscal en Asie et la libération d’une réserve au Royaume-Uni, gonflent le bénéfice semestriel de 75 millions d’euros. S’y ajoute un effet positif du compte général, qui rassemble les dossiers liés à l’héritage de Fortis : il progresse de 61 millions depuis début de l’année. Mais même en retirant ces éléments exceptionnels, le résultat atteint 470 millions, un chiffre au-delà des attentes d’Ageas et de celles des analystes financiers.

L’encaissement brut du groupe sur les six premiers mois de l’année est en hausse de 11%, à 21 milliards, hors Luxembourg, où Ageas a vendu sa participation dans Cardif Lux Vie l’automne dernier. Même au Royaume-Uni, où Ageas a décidé de se désengager d’activités peu performantes et de maintenir une politique de prix stricts, les volumes n’ont que faiblement diminué.

200
millions
C'est le montant du rachat d’actions annoncé par Ageas.

Le ratio combiné, qui exprime le rapport entre les décaissements et les encaissements, est en diminution, à 95,7%. L’impact des intempéries au premier trimestre en Belgique a été plus que compensé au deuxième trimestre. Parmi les rares éléments négatifs : une augmentation significative des coûts des sinistres importants impliquant des dommages corporels au Royaume-Uni, mais aussi en Belgique. Une évolution dont Ageas pense qu’elle ne sera pas récurrente, même s’il n’est pas exclu qu’elle soit liée à un usage croissant des trottinettes ou des vélos.

"Compte tenu de la forte solvabilité et de la trésorerie du Groupe, le conseil d’Ageas a décidé de lancer son neuvième programme de rachat d’actions consécutif", annonce Bart De Smet, CEO du groupe, dans un communiqué. Un rachat d’actions qui porte sur un montant de 200 millions, et qui s’étalera sur 2019 et 2020.

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