"La story à long terme d'Umicore reste intacte"

©Dries Luyten

Malgré un horizon 2019 balayé par des vents contraires, des analystes restent confiants sur les perspectives à plus long terme d’Umicore qui occupe une place de choix sur le marché des composants pour batteries électriques.

Umicore n’a décidément plus le vent en poupe en Bourse comme le démontre le parcours de son action ces trois derniers mois (-19%) alors qu’elle avait touché un plus haut historique pas plus tard que fin juillet.

En novembre dernier, le spécialiste de la technologie des matériaux dont le principal moteur de croissance réside dans ses composants pour batteries électriques avait déjà dû brider ses ambitions pour l’exercice 2018. Le résultat d’exploitation (Ebit) récurrent devrait finalement se situer dans le bas de la fourchette comprise entre 510 et 550 millions d’euros annoncée antérieurement. Cela a été confirmé ce vendredi matin avec un chiffre de 514 millions d’euros (un bond de 29% tout de même) alors que certains analystes s’attendaient à pire. Le dividende a, pour sa part, été majoré de 7% à 0,75 euro par titre.

Morosité de l'auto et de l'électronique

Le hic, c’est que le ralentissement de la croissance constaté en fin d’année devrait se prolonger en 2019 a prévenu Umicore, ce qui a fait plonger l’action de 8% en tout début de séance avant d’effacer une partie de ses pertes ensuite.

Sans donner de chiffre précis, le groupe s’attend à ce que la croissance du Rebit en 2019 soit tempérée en raison de plusieurs éléments, dont la demande actuellement modérée dans les secteurs de l’automobile et de l’électronique grand public. Il s’estime toutefois sur la bonne voie pour réaliser, en 2020, un Rebit supérieur de 35 à 45% à son estimation initiale de 500 millions d’euros, soit entre 675 et 725 millions d’euros.

Potentiel énorme

"Nous pensons que les prévisions du consensus des analystes pour 2019 (un Rebit en hausse de 17%) est sans doute légèrement trop optimiste", constate Wim Hoste de KBC Securities. "Nous croyons toujours qu’Umicore est bien positionné dans le domaine des cathodes pour batteries, avec une croissance dans la prochaine décennie qui s’annonce potentiellement énorme en raison de l’électrification des transports."

Dans la perspective de ce potentiel de croissance à long terme, l’analyste reste à "acheter" sur la valeur, mais il a raboté son objectif de cours de 2 euros à 50 euros.

Nathalie Debruyne de Degroof Petercam est sur la même longueur d’onde. Elle estime que l’histoire demeure intacte sur le long terme et elle reste particulièrement optimiste pour le segment des batteries. "En 2021, les capacités de production seront telles qu’elles auront le potentiel de générer un surplus de 475 millions d’euros d’Ebit sur la base de 2016", a-t-elle calculé. "Umicore est le leader ultime sur le terrain des cathodes et la taille donne un avantage supplémentaire au groupe face à la concurrence."

Son conseil et son "target" sont inchangés à "acheter" et 55 euros.

Dette plus élevée

À la lumière des résultats dévoilés ce vendredi, Stijn Demeester d’ING ("conserver"; 53 euros) s’attend à une révision du consensus qui table actuellement sur un Rebit de 600 millions pour 2019 et de 724 millions pour 2020. Il relève, par ailleurs, que la dette nette atteint 861 millions d’euros un niveau significativement supérieur au consensus (615 millions) sous le poids des sorties de fonds de roulement (700 millions) plus élevées que prévues.

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