Le plan "Arche de Noé" de Nyrstar plus urgent que jamais

©nyrstar

L'année 2018 s'est clôturée sur une perte de 618 millions d'euros pour Nyrstar et les premiers mois de 2019 sont très mauvais. En raison du manque de visibilité, KBC Securities a décidé de ne plus suivre la société.

Espérant sans doute se cacher derrière une fin de soirée électorale ou ne voulant pas gâcher la fin de week-end de ses actionnaires, c’est finalement dimanche soir, vers 23h45, que Nyrstar a publié ses résultats pour l’exercice 2018 et ceux du premier trimestre 2019.

L’année dernière s’est clôturée pour le spécialiste du zinc par une perte colossale de 618 millions d’euros, soit 5,60 euros par action, contre un bénéfice de 47 millions un an plus tôt. Outre la faiblesse du résultat opérationnel, cette perte est imputable à une dépréciation de valeur sur deux mines et à une reprise de crédit d’impôts.

De son côté, l’Ebitda sous-jacent a chuté de 52% à 99 millions d’euros alors que les dernières prévisions formulées par la société évoquaient une fourchette comprise entre 110 et 130 millions d’euros.

Et la situation du groupe s’est empirée au cours des trois premiers mois de l’année en cours avec une baisse de 15% des ventes et une dégringolade de 76% de l’Ebitda sous-jacent. Si l’action bouge peu ce matin, ces chiffres confirment l’urgence du plan de sauvetage proposé par son actionnaire de référence, Trafigura (24,4%).

KBC jette l'éponge

"Nous pensons que ces résultats très faibles soulignent l’importance et le timing de la restructuration du capital de Nyrstar afin de sauvegarder les opérations de la société", estime Stijn Demeester d’ING ("vendre"; 0,4 euros). "Cela se fera toutefois au détriment des actionnaires minoritaires qui subiront une dilution presque totale et des pertes économiques substantielles avec un free float actuel de 75% qui sera réduit à 2% dans la nouvelle entité refinancée."

De son côté, Wim Hoste de KBC Securities, qui jusqu’ici était à "réduire" sur la valeur (avec un objectif de cours de 0,22 euro), a décidé de jeter l’éponge et d’arrêter la couverture. Il estime que la visibilité sur la future relation entre la société opérationnelle et Trafigura comme actionnaire majoritaire, fournisseur et client est très limitée, ce qui rend extrêmement difficile d’évaluer le potentiel bénéficiaire de cette société et, donc, de valoriser Nyrstar.

Ils ne sont plus, désormais, que trois analystes à suivre l’action avec une unanimité d’opinion: vendre. L’objectif de cours moyen s’élève à 15 centimes soit 32% plus bas que le cours actuel.

Arche de Noé

On attend maintenant la suite de la mise en œuvre du plan de recapitalisation pour lequel les principaux créanciers ont donné leur feu vert début du mois. Une nouvelle société doit être constituée dans laquelle seront transférées les activités opérationnelles de Nyrstar, un peu à l'image de l'Arche de Noé pour survivre au déluge provoqué par les dettes. Bloqués au pied de l'arche, les minoritaires doivent se préparer à boire la tasse.

Aucun calendrier précis n’a été communiqué à ce sujet à ce jour. Sans doute en apprendrons-nous davantage lors de l’assemblée des actionnaires qui se tiendra à Bruxelles le 25 juin.

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