Les analystes jouent les pompiers après les prévisions de Telenet

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Coup de chaud sur l'action Telenet qui a perdu plus de 6% ce jeudi. Les analystes financiers dé-dramatisent les prévisions de recul du résultat pour 2019.

L’action Telenet a vacillé ce jeudi matin à l’ouverture des marchés chutant de près de 10% à 36,2 euros avant de reprendre ses esprits ensuite pour abandonner 6,34% à la cloche. L’une des pires séances boursières de ces dix dernières années pour le câblo-opérateur flamand. Cette claque peut s’expliquer de deux façons.

Tout d’abord, si les résultats annuels de 2018 publiés ce matin sont en ligne avec les attentes du moins en ce qui concerne le chiffre d’affaires de 2,53 milliards d’euros (+1%) et l’Ebitda ajusté de 1,32 milliard (+9%), le mouvement de désabonnement s’est malheureusement poursuivi. "La tendance négative sur le front commercial a perduré au quatrième trimestre", souligne Ruben Devos de KBC Securities. "La société a enregistré une perte totale de 54.000 abonnés dans les services fixes comparé à -22.000 et -27.000 selon nos estimations et celles du consensus."


En recul pour la première fois depuis 2005

Mais la déception vient surtout des prévisions de résultats formulées pour l’exercice en cours. Telenet affirme qu’il doit faire face à certains défis et vents contraires en 2019 comme la perte du contrat MVNO (opérateur virtuel, Ndlr) de Medialaan.

Le groupe s’attend dès lors à un recul d’environ 2,5% de ses revenus et à une baisse entre 1 et 2% de son Ebitda ajusté. Si ces prévisions se concrétisent ce sera la première fois que l’opérateur affiche des résultats en recul depuis 2005.

"En prenant le milieu de la guidance et les perspectives de chiffre d’affaires pour 2019, nous arrivons à des revenus et un cash-flow libre de respectivement 1% et 2% sous le consensus alors que l’Ebitda ajusté devrait faire mieux (2%) que ce qui est prévu", a calculé Ruben Devos qui reste à "conserver" sur la valeur avec un objectif de cours de 39 euros.

Année de transition

David Vagman d’ING ("conserver"; 42 euros) évoque, pour sa part, des prévisions un "peu" en dessous des estimations. "Nous nous attendons à quelques révisions à la baisse mineures du consensus en fonction des prévisions pour 2019 et de la faiblesse des activités commerciales", minimise-t-il.

Chez Kepler Cheuvreux ("conserver"; 43 euros) on temporise aussi. "Comme déjà annoncé, 2019 sera une sorte d’année de transition avec des revenus et un Ebitda en recul mais, au-delà de 2019, les choses devraient s’améliorer. Globalement, nous ne prévoyons pas de changements majeurs dans les estimations (des analystes, Ndlr)".

Stefaan Genoe de Degroof Petercam qui maintient son conseil à "accumuler" mais réduit son objectif de cours à 46 euros contre 53 euros avant estime que les prévisions annoncées ne sont pas une surprise mais qu’elle sont toutefois légèrement inférieures au consensus. "Notre recommandation à accumuler se base sur la génération potentielle de cash-flow libre dans les années à venir."

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