Orange choisira cette année son équipementier la 5G

Michaël Trabbia, le patron d'Orange présentait ce jeudi les résultats annuels du groupe ©BELGA

L’opérateur a publié ce jeudi de bons résultats pour 2019. L’occasion pour Michaël Trabbia de revenir sur les principaux chiffres de l'année écoulée mais aussi d'évoquer les actualités chaudes du secteur, entre déploiement de la 5G, licences provisoires et vente de VOO.

Michaël Trabbia, le patron d’Orange Belgique, était plutôt détendu ce jeudi pour la présentation des résultats annuels de son groupe. D’un point de vue financier, 2019 fut un bon cru avec notamment un ebitda ajusté en hausse de 5,1% à 300,1 millions d’euros. Au niveau commercial, les chiffres sont également positifs pour le groupe avec un dernier trimestre particulièrement bon.

Sur cette période, Orange a ainsi enregistré 31.000 clients supplémentaires sur le postpaid et une augmentation de 43,7% d’utilisateurs convergents. "Cette offre est plus récente, on démarre donc de plus bas. Mais pour le dernier trimestre, nous avons enregistré 25.000 clients supplémentaires, ce qui est un record", explique Michaël Trabbia.

Autre bonne nouvelle pour le patron, cinq mois après le lancement de son Love Duo (mobile et internet), l’offre a déjà trouvé son public. "En seulement quelques mois, cette nouvelle offre représente déjà 10% de notre base client. Cela montre combien elle répond à une demande du marché", assure le patron. L’opérateur ayant rempli ses objectifs, il compte augmenter le dividende de 0,5 à 0,6 euro par action, une première depuis quatre ans.

"Trouver une solution au plus vite"

Voilà pour les chiffres. Le rendez-vous avec le patron était aussi une bonne occasion de revenir sur l’actualité particulièrement chargée dans le secteur. A commencer par la position de son groupe par rapport à la proposition du régulateur d’émettre des licences provisoires. Suite à cette annonce, Orange fut l’opérateur le moins emballé des trois grands acteurs du marché.

"Il faut absolument aboutir au plus vite à une solution. Dès 2021, les problèmes de saturation se feront ressentir sur le réseau. Des entreprises ont également besoin de la technologie. C’est donc positif que le régulateur pousse le dossier", reconnaît-il avant d’émettre ses réserves. "Mais il est important aussi de réunir les bonnes conditions. Nous avons besoin d’une visibilité à long terme pour avancer au niveau des investissements. Il nous faut également des assurances concernant les quantités de fréquences disponibles car c’est une denrée limitée", glisse le patron.

"Il y a un risque que des fréquences soient attribuées à des acteurs qui n’en feront rien."
Michaël Trabbia
CEO d'Orange Belgique

Afin d’éviter les mauvaises surprises, le CEO d’Orange aimerait aussi voir des conditions supplémentaires. "Nous plaidons pour que la vente aux enchères soit accompagnée d’obligations de déploiement. Sinon, il y a un risque que des fréquences soient attribuées à des acteurs qui n’en feront rien ou tenteront de s’en emparer pour les revendre par la suite", soulève Michaël Trabbia.

Le patron a jusqu’à la fin du mois pour préciser à l’IBPT s’il souhaite ou non une licence provisoire. Pour l’heure, il préfère rester flou sur sa position. Michaël Trabbia est tout aussi vague sur la question du choix de l’équipementier avec qui le groupe travaillera. Orange France s’est positionné il y a quelques jours en faveur d’une collaboration avec Ericsson et Nokia. Pas question d’y voir un signe pour autant. "Le choix français est celui de la continuité puisque Orange France travaille déjà avec eux. Mais il n’y a pas de règles spécifiques et chaque pays travaille avec qui il souhaite ". Au port d’Anvers, les tests sont effectués avec le chinois ZTE. "Cela n’indique rien sur notre choix. Notre décision n’est pas encore prise. Elle le sera dans le courant de l’année", assure Michaël Trabbia.

"Le dossier de la vente de Nethys est surprenant."
Michaël Trabbia
CEO d'Orange Belgique

Sur VOO, "on constate que les négociations continuent"

La 5G sera forcément encore le sujet des discussions dans les semaines à venir. L’autre sujet qui a fait (et fera) encore largement parler de lui concerne évidemment la vente de VOO au fonds d’investissement américain Providence. La vente annoncée comme scellée en septembre avait finalement été cassée pour une série de manquements et une évaluation du prix de l’opérateur largement inférieure à sa valeur.

Orange n’a jamais caché son intérêt pour le concurrent liégeois. Malgré la saga, la page n’est peut-être pas encore tout à fait tournée. "Lorsque l’on retrace l’historique et les différentes étapes de cette vente, on peut dire que c’est un dossier surprenant. Malgré tout l’historique et les implications personnelles de certains acteurs de Nethys, on constate que les négociations continuent. Cela pose certaines questions", lance la patron. Au point de se lancer dans une procédure spécifique pour contester la vente? "Je ne ferai aucun commentaire sur le sujet", se contente de répondre le patron.

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