PREVIEW - Umicore va-t-il passer à côté de ses prévisions?

©Umicore

En novembre dernier, Umicore a précisé qu'il visait désormais la partie basse de sa fourchette de prévision de son Ebit récurrent pour 2018. Le groupe concrétisera-t-il cet objectif ou se révélera-t-il trop ambitieux? Tentative de réponse avant la publication des résultats annuels ce vendredi.

Umicore a entamé l’année 2018 en fanfare en publiant en février une performance record au titre de 2017 et en lançant, dans le même temps, une augmentation de capital de près de 900 millions d’euros qui a été bouclée en 150 minutes. L’action a suivi le mouvement en prenant l’ascenseur pour toucher, en juillet, un plus haut de 53 euros.

Mais à l’automne, le spécialiste de la technologie de matériaux qui tire sa forte croissance de sa présence dans les composants pour batteries électriques a dû faire profil bas.

Bas de la fourchette ou plus bas?

En raison, notamment, du ralentissement du marché automobile en Europe et en Chine et de la hausse temporaire des prix de l’électricité, il a précisé que son Ebit récurrent devrait se situer dans le bas de la fourchette précédemment estimée entre 510 et 550 millions d’euros. Même à 510 millions d’euros cela représentera un bond de 24% par rapport à 2017, ce qui demeure remarquable mais le marché a mal encaissé cette annonce. Depuis le sommet historique de juillet, l’action a fondu de 30%.

Existe-t-il un risque de voir l’Ebit récurrent se situer en dessous de cette estimation? On sera fixé ce vendredi 8 février quand Umicore dévoilera ses résultats annuels. Mais, dans leur ensemble, les analystes n’y croient pas. Le consensus table sur 513 millions d’euros.

UBS toutefois estime que le groupe n’atteindra pas son objectif et avance le chiffre de 495 millions d’euros. De son côté, Wim Hoste de KBC Securities vise 511,8 millions d’euros avec 164,6 millions d’euros pour le segment des catalyseurs (stable par rapport à 2017), 242,8 millions (+73%) pour la division qui englobe les matériaux pour batteries électriques et 147,3 millions issus des activités de recyclage. A ce total, il faut retirer 44 millions environ imputés aux charges totales du groupe.

Focus sur les prévisions 2019

L’autre point sur lequel il faudra être attentif concerne les prévisions pour l’exercice en cours. Le consensus des analystes table sur un Ebit récurrent en hausse de 17% à 601,6 millions alors que Wim Hoste est plus prudent et vise une progression de 15% à 589 millions d’euros.

De son côté, Alex Stewart de Barclays juge que le consensus actuel pour 2019 est trop haut en regard des risques plus élevés face auxquels se trouve confronté le groupe. Il estime que les cathodes (utilisés pour les batteries électriques, NDLR) ont moins contribué que prévu à la croissance bénéficiaire l’an dernier.

Pour lui, même si les multiples de valorisation semblent meilleur marché que l’année précédente, des réductions dans la division principale pourraient focaliser davantage l’attention que les arguments portant sur la valeur intrinsèque. Comme son collègue d'UBS, il s'attend à un Ebit récurrent inférieur aux prévisions à 504 millions d'euros. 

Objectif moyen de 44 euros

Il conseille dès lors de vendre la valeur et a sabré de 20% dans son objectif de cours qui ne s’élève plus qu’à 37 euros, ce qui correspond au niveau actuel du cours de Bourse. Morgan Stanley et Credit Suisse sont encore plus négatifs sur le potentiel de l’action avec des "targets" respectives de 32 euros et 35 euros.

Sur les 23 analystes recensés par Bloomberg qui suivent la valeur, 11 recommandent un achat, 9 conseillent de la conserver et 3 de s’en séparer. L’objectif de cours moyen s’élève à 44 euros avec un maximum de 55 euros affiché chez ABN Amro et Degroof Petercam.

Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content