analyse

Pourquoi l'action CFE (DEME) prend l'eau

L'Ebitda de DEME en 2020 devrait être proche de celui de 2019. ©DEME

Les résultats 2019 et les perspectives 2020 de CFE qui tire l’essentiel de ses revenus de sa filiale maritime DEME ont torpillé le titre en bourse.

Alors que les marchés mondiaux poursuivent, jour après jour, leur interminable chute sous l’effet du coronavirus, CFE a vu son action dévisser de 14,55% vendredi à 79,30 euros, soit le recul le plus important de son histoire boursière.

Le Covid-19 n’est pas en cause cette fois. C’est l’ensemble des résultats et des prévisions de cette filiale du holding AvH dévoilés ce matin qui ont tout bonnement torpillé l’action.

Prévisions atones

Non seulement tous les chiffres-clés pour 2019 s’affichent en baisse -Ebitda en recul de 7,5% à 451 millions d’euros et résultat net qui chute de 22% à 133 millions d’euros- en ce y compris le dividende (de 2,4 euros à 2 euros) mais ils sont, en plus, globalement inférieurs aux attentes du marché. Ça ne pardonne pas en bourse.

Avec une guidance d’Ebitda pour DEME proche du niveau de 2019, nous allons revoir nos estimations à la baisse.
Bart Cuypers
Analyste chez KBC Securities

Mais comme si cela ne suffisait pas, CFE qui tire la toute grande majorité de ses revenus et de son Ebitda de sa filiale DEME spécialisée dans le dragage et les projets offshore (éoliennes) a fait état de prévisions atones pour 2020 avec, notamment, un Ebitda stable attendu pour cette dernière.

"Avec une guidance d’Ebitda pour DEME proche du niveau de 2019, nous allons revoir nos estimations à la baisse" écrit Bart Cuypers de KBC Securities qui compte réexaminer son objectif de cours sur la valeur. Il est actuellement fixé à 110 euros avec un conseil à "acheter".

Degroof Petercam reste confiant

"2019 est plus faible qu’anticipé et les prévisions pour 2020 sont plus prudentes" résume, pour sa part, Luuk van Beek chez Degroof Petercam. Il estime que cela peut s’expliquer par la pression sur les marges dans le segment offshore, davantage d’incertitude économique et géopolitique et le retard de livraison de certains navires.

115
euros
Degroof Petercam maintient son objectif de cours sur CFE à 115 euros.

L'analyste reste toutefois optimiste. "Nous prévoyons toujours une évolution favorable des bénéfices de CFE dans les années à venir." Il maintient son conseil à "acheter" et son "target" à 115 euros. "La valorisation ne reflète pas complètement les belles perspectives de croissance" juge-t-il.

De son côté, Tijs Hollestelle d’ING ("conserver" ; 108 euros) se montre moins enthousiaste. "L’essentiel pour nous est que la direction voit une pression sur les marges dans l’offshore (ce segment représente 44% des revenus de DEME, NDLR) ce qui pèsera sur l’action ce matin" écrivait-il avant l’ouverture des marchés. Et, en effet…

Mais il souligne aussi le fait que le groupe se montre plus ouvert sur les conditions actuelles "dans ce segment de marché dans lequel DEME a connu une croissance si forte ces dernières années".

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