analyse

Soupe à la grimace après les très beaux résultats de D'Ieteren

Le résultat brut de Carglass (Belron) a plus que doublé l'an dernier. ©Emy Elleboog

Résultat en hausse de 40%, croissance du dividende de 15%, trésorerie de 1,5 milliard d'euros, perspectives alléchantes et pourtant le titre D’Ieteren a chuté de 4,82%. Explications.

Chez D’Ieteren , on doit se mordre les doigts jusqu’à l’os d’avoir vendu une partie de la poule aux œufs d’or. Le constat n’est pas neuf, mais au vu des résultats enregistrés par Belron au titre de 2019 et des perspectives affichées pour 2020, la cession d’un bloc de 40% bouclée début 2018 doit maintenir la plaie ouverte.

C’est que le spécialiste des pare-brises que tout le monde connaît sous sa dénomination commerciale de Carglass se profile désormais comme le très puissant moteur de croissance de D’Ieteren, à côté de son pôle de distribution automobile à la progression plus modeste.

L’an dernier, l’ensemble du groupe a ainsi dégagé un résultat consolidé ajusté brut de 300,7 millions d’euros (+39,8%), dont 128,4 millions (+6,1%) pour D’Ieteren Auto et 172,8 millions (+110,5%) pour Belron.

Les carnets noirs de Moleskine

Mais, bien entendu, tout n’est pas parfait du côté de la rue du Mail.

Tout d’abord, comme le souligne Nathalie Debruyne de Degroof Petercam ("acheter"; 68,2 euros), D’Ieteren avait anticipé, en octobre, un bond de 140% du résultat annuel de Belron qui s’est finalement limité à 110%.

6%
de baisse
L'action D'Ieteren a dévissé de 6% ce vendredi matin alors qu'un analyste tablait sur un bond de plus de 5%.

Ensuite, Moleskine, un investissement qui s’est jusqu’ici révélé malheureux, a encore une fois déçu. "Moleskine a affiché de très mauvais résultats manquant les prévisions à hauteur de 54%", constate David Vagman d’ING ("acheter"; 76 euros). Le résultat brut du spécialiste des carnets a été divisé par deux à 9,8 millions d’euros. D'Ieteren a décidé d’acter une réduction de valeur de 103 millions sur sa filiale et le CEO a été remercié. "L’annonce de la nomination d’un nouveau CEO est plutôt positive, juge Nathalie Debruyne et nous espérons que cela marquera le début d’une nouvelle ère pour la société."

Mouvement d'humeur?

Ces deux éléments expliquent, sans doute, que, contrairement aux anticipations de David Vagman, qui attendait au moins un bond de 5% de l’action ce matin, le titre a piqué du nez abandonnant 5,82% à 53,30 euros en clôture.

"L’annonce de la nomination d’un nouveau CEO chez Moleskine est plutôt positive".
Nathalie Debruyne
Analyste chez Degroof Petercam

Pourtant, D’Ieteren a fait état, pour Belron, d’une croissance attendue entre 35% et 40% en 2020 alors que le consensus tablait sur un chiffre de 24%. Le dividende proposé de 1,15 euro, en hausse de 15%, s’est également révélé supérieur aux attentes (1,05 euro).

On verra rapidement si le recul observé vendredi n’est qu’un simple mouvement d’humeur passager.

Quoi qu’il en soit, David Vagman estime que, l’un dans l’autre, les investisseurs et les analystes vont revoir à la hausse leur valeur d’actif net de 5 à 10%.

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