Voici pourquoi la chute de Proximus semble exagérée

Dominique Leroy, la CEO de Proximus. ©Photo News

Le titre Proximus a décroché de plus de 6% ce matin sur Euronext Bruxelles après la publication des résultats trimestriels et annuels et des prévisions pour 2019. Une glissade sans doute hors proportion à la lecture des commentaires des analystes financiers.

Les actionnaires de Proximus ont dû avaler leur café de travers ce vendredi matin en constatant la trajectoire du titre à l’ouverture des marchés. L’action a décroché d’un maximum de 6,8% à 21,66 euros avant de reprendre un peu ses esprits. De quoi ternir encore le bilan boursier des douze derniers mois qui se traduit par un recul de 17%.

Quelle mouche a donc piqué les investisseurs?

Le mobile en ligne de mire

Les résultats du dernier trimestre de l’opérateur étaient pourtant en ligne avec les estimations des analystes financiers. "Proximus a terminé l’année sur une tendance légèrement plus faible de ses revenus et de son Ebitda que ce que nous avons vu durant les neuf premiers mois de l'année" remarque Ruben Devos de KBC Securities ("conserver"; 28 euros). "La performance opérationnelle est toutefois restée solide dans la mesure où le gain des abonnés est supérieur aux attentes du consensus."

Ce qui chiffonne Ulrich Rathe de Jefferies ("conserver"; 21,10 euros) dans le bilan présenté par Proximus, c’est la baisse constatée dans la croissance des revenus tirés des services mobiles. Ce pôle a vu son chiffre d’affaires se contracter de 1,5% au quatrième trimestre à 318 millions d’euros pour une baisse de 1,2% sur l’ensemble de l’année.

A titre de comparaison, les revenus totaux du groupe ont atteint 1,47 milliard d’euros sur les trois derniers mois de l’année, un recul de 0,5%.

Prévisions un brin plus basses

L’autre élément qui semble avoir refroidi le marché est à chercher du côté des prévisions annoncées pour l’exercice en cours. Proximus table sur un chiffre d’affaires "pratiquement stable" et un Ebitda "stable" alors que les analystes financiers visaient, en moyenne, une progression de 0,4% pour le premier et de 1,3% pour le second.

Précisons que l’Ebitda aurait dû afficher une légère croissance, mais elle est neutralisée par Bics (activités internationales, NDLR) où un client a décidé de reprendre en interne une partie du business.

A lire les commentaires des analystes au sujet des prévisions, on comprend mal la réaction du marché.

  • David Vagman d’ING ("vendre"; 18 euros): "Nous attendons une baisse limitée du consensus pour le bénéfice par action et un léger repli de l’action sur la guidance d’un Ebitda plus bas" écrivait-il avant l'ouverture des marchés.
  • Stefaan Genoe de Degroof Petercam ("conserver"; 25 euros): "L’un dans l’autre, la guidance est seulement légèrement en dessous des attentes, mais en sous-jacent le marché aurait pu espérer des prévisions plus élevées au vu de celles portant sur les revenus."
  • Ruben Devos de KBC Securities : "La prévision est un brin sous les estimations, mais elle est largement expliquée par l’impact imprévu du renouvellement d’un accord chez Bics."

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