Ageas dispose de 2,5 milliards pour un rachat

Bart De Smet, CEO d'Ageas. ©Photo News

La compagnie d'assurances a dégagé, à l'issue du premier trimestre, un résultat net de 110 millions d'euros. Le consensus des analystes tablait sur 99 millions d'euros.

La compagnie d’assurances Ageas a dégagé, au cours des trois premiers mois de l’année, un encaissement de primes en hausse de 14% à 12,7 milliards d’euros. L’encaissement du groupe (soit la part d’Ageas) croît de 3% à 4,7 milliards d’euros. Pour les activités "vie", l’encaissement grimpe de 16% à 10,9 milliards d’euros. Le "non-vie" progresse, pour sa part, de 1% à 1,8 milliard.

Au niveau des résultats, les chiffres livrés par Ageas sont supérieurs aux attentes des analystes. Le résultat de l’assurance est en hausse de 11% à 222 millions d’euros alors que le consensus tablait sur 191 millions. Le compte général (héritage Fortis) affiche une perte de 112 millions d’euros contre une perte de 834 millions un an plus tôt. Au final, le résultat net du groupe ressort à 110 millions d’euros à comparer avec une perte de 633 millions. Les analystes tablaient, en moyenne, sur un chiffre de 99 millions.

Solide performance en Belgique

En Belgique, le maintien d’une solide performance opérationnelle et les plus-values ont permis une augmentation substantielle des bénéfices, souligne Ageas. Ceux-ci atteignent 142 millions d’euros (+42%). De son côté, l’encaissement brut a chuté de 20% à 1,8 milliard. L’assureur explique cela par la baisse prévue des ventes de produits d’investissement à court terme après une révision à la baisse des taux garantis. Le ratio combiné s’élève à 92,7% contre 99,7% un an plus tôt ce qui reflète une "excellente performance opérationnelle". Au niveau du groupe, il atteint 98,3% contre 97,8% un a plus tôt.

Au Royaume-Uni, rappelons que la modification du taux d’actualisation pour dommages corporels a engendré une charge supplémentaire en plus des coûts déjà encourus en 2016. Cela continuera d’affecter le résultat net dans le courant 2017 de 20 millions à 25 millions d’euros.

Ratio de solvabilité

Du côté du bilan, on notera que le ratio de solvabilité II de l’assurance est "resté solide" malgré l’évolution défavorable des "spreads" et l’impact du taux d’actualisation au Royaume-Uni. Il s’est établi à 186%. Les capitaux propres du groupe s’élèvent à 9,3 milliards, soit 45,91 euros par action contre 9,6 milliards, soit 46,56 euros par action fin 2016.

«Le dossier Ethias se referme, nos moyens iront à autre chose »

Quatre questions à Bart De Smet, CEO d'Ageas.

Les actionnaires d’Ethias ont convenu d’un statu quo de deux ans: il n’est donc pas à vendre avant 2019. Qu’en dites-vous?

Ethias est une entreprise qui affiche une bonne performance et qui est très complémentaire avec nos activités en Belgique. Ethias n’était pas une nécessité mais un dossier qui nous intéressait. Les actionnaires ont décidé d’un «standstill», on ne peut que respecter cette décision. Le dossier se referme, nos moyens financiers iront donc à autre chose. Nous avons entre 2 et 2,5 milliards d’euros disponibles.

Ailleurs: pas en Belgique ?

Nous sommes intéressés par une extension de nos activités en assurance non vie dans les marchés qui nous intéressent. A savoir en Belgique et au Portugal, où nous sommes désormais le numéro trois. Au Royaume-Uni, toute l’attention est portée sur la rentabilisation, pas sur une acquisition. En Asie, l’Indonésie est le pays qui nous manque. Mais il n’y a pas de pression, nous ne sommes pas pressés.

Et Generali Belgium, est-ce susceptible de vous intéresser ?

Le principe est que, si un dossier bouge en Belgique, nous le regardons. Les rumeurs, nous n’y réagissons pas. Je n’ai pas vu passer ce dossier.

•  BNP Paribas Fortis distribue les produits de votre filiale AG Insurance, en vertu d’un accord de distribution datant de la scission de Fortis. Mais BNP Paribas pourrait décider de distribuer les produits de Cardiff, son assureur. Cela reste un gros point d’interrogation pour vous… 

C’est BNP Paribas qui a la main sur cette question, comme d’ailleurs pour ce qui concerne les 25% qu’il détient dans AG Insurance.  Ceci dit, sur ces deux points, il n’y a pas de discussions à ce stade. Pour ce qui concerne notre accord de distribution, nous nous préparons à tous les scénarios possibles mais notre scénario de base est la continuation de notre collaboration avec le réseau bancaire BNP Paribas Fortis, qui fonctionne très bien. 

Propos recueillis par Paul Gérard

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