Ageas dispose de 2 milliards pour des rachats mais les cibles sont chères

Bart De Smet, CEO d'Ageas. ©wim kempenaers (wkb)

L'assureur Ageas a profité, au premier trimestre, d'une excellente tenue de ses activités en Asie qui ont pu compenser la faiblesse constatée en Belgique. Bart De Smet, son CEO, évalue à plus de 2 milliards d'euros la capacité financière du groupe pour procéder à des acquisitions.

Alors que le nom d’Ageas est (ou était) cité dans des dossiers d’acquisition en Belgique (Fidea qui est finalement revenue à la Baloise), au Portugal (Tranquilidade) ou en Espagne (Caser), Bart De Smet a reconnu ce mercredi que le groupe qu’il dirige examinait de nombreux dossiers, soit entre 30 et 40 par an, mais que les prix étaient élevés.

Concernant le concurrent espagnol Caser dont la valorisation pourrait être supérieure à un milliard d’euros, il n’a pas commenté cette récente rumeur de marché, mais a admis que l’Espagne était un pays qui pourrait intéresser le groupe d’assurances "où l’on pourrait viser une position dans le top 5."

Ageas a les moyens de ses ambitions. En plus de son cash disponible qui s’élève à 1,3 milliard d’euros, il pourrait encore émettre de la dette et disposer d’une puissance de feu totale d’un peu plus de 2 milliards d’euros.

Plus tôt que plus tard

"Avec son nom cité pour le rachat de Caser et l’émission de 500 millions d’euros de dette, il y a une logique à ce que nous puissions assister à une opération de fusion/acquisition plus tôt que plus tard", estime Jason Kalamboussis de KBC Securities ("conserver"; 45 euros). "Cela pourrait mettre en péril les rachats d’actions propres, mais c’est quelque chose auquel il faut s’attendre."

Dernièrement, Ashik Musaddi de JPMorgan Casenove ("surpondérer"; 51,46 euros) s’inquiétait d’une telle acquisition. "D’un côté, nous pensons que Caser affiche de bons résultats financiers, mais de l'autre, nous sommes préoccupés par la discipline des prix et le manque de synergies de coûts qu’Ageas tirerait d’une telle opération dans la mesure où l’Espagne constituerait son quatrième marché."

Résultats "très solides"

Pour en revenir aux résultats trimestriels, notons qu’Ageas a enregistré, au niveau du groupe, un total de primes de 12,8 milliards d’euros en hausse de 8%, mais que son résultat net de 251 millions d’euros (+1%) s’est révélé inférieur aux estimations des analystes (257 millions).

Une acquisition pourrait compromettre les rachats d'actions propres mais c'est quelque chose auquel il faut s'attendre.
Jason Kalamboussis
Analyste KBC Securities

La performance réalisée en Asie (+19% à 146,9 millions d’euros) a compensé la faiblesse constatée en Belgique (-41% à 80,6 millions) a résumé Albert Ploegh d’ING ("conserver"; 45,5 euros).

De son côté l’analyste de KBC Securities juge que les résultats sont "très solides". Il souligne que les bénéfices en Asie ont été soutenus par un net rebond des marchés financiers au premier trimestre. "Mais les plus-values ne se sont élevées qu’à 49 millions d’euros seulement ce qui implique un résultat sous-jacent plus robuste."

Bart Jooris de Degroof Petercam ("conserver”; 42 euros) juge, pour sa part, que les résultats trimestriels sont légèrement au-dessus des attentes, mais que cela est entièrement dû aux gains en capitaux très élevés réalisés en Asie.

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