Ahold Delhaize subit l'impact des grèves aux Etats-Unis

Frans Muller, CEO d'Ahold Delhaize

Comme attendu, le distributeur belgo-néerlandais subit le contrecoup d'une longue grève aux Etats-Unis. Celle-ci a impacté les ventes à hauteur de 224 millions de dollars. Conformes aux attentes des analystes, celles-ci progressent légèrement sur le premier semestre. En Belgique, les magasins de proximité Proxy et Shop&Go ont le vent en poupe.

Les craintes d'Ahold Delhaize se sont confirmées. La grève de onze jours - la plus longue aux Etats-Unis depuis trois ans -, qui a paralysé en avril 246 points de vente de sa filiale américaine Stop & Shop, a pesé lourd sur les comptes du premier semestre de l'année en cours. 

Ahold Delhaize a en effet bouclé le deuxième trimestre 2019 sur une légère progression de ses ventes, mais sur un recul sensible de son bénéfice opérationnel sous-jacent. À change constant, celui-ci a en effet lâché 14,1% à 594 millions d'euros. Les ventes ont par contre progressé de 1,5% (à taux constant) pour atteindre 16,32 milliards d'euros, une performance conforme au consensus des analystes.

Le conflit social au sein de la filiale US Stop & Shop sur la côte Est des Etats-Unis a eu un impact tangible sur les performances du groupe, même si les bonnes performances d'autres filiales américaines, notamment Food Lion, apportée par Delhaize Le Lion au sein du groupe fusionné, ont permis de limiter la casse. La grève a entraîné un manque à gagner sur les ventes de 224 millions de dollars et réduit le bénéfice opérationnel de 100 millions de dollars.

  • Le titre du groupe perdait environ 0,7% à l'ouverture des marchés ce mercredi.

Le pire est passé

À en croire le groupe de Zaandam, près d'Amsterdam, le pire est passé. "Dans la mesure où nous continuons de voir les performances de Stop & Shop s'améliorer, nous ne prévoyons pas d'impact significatif de la grève durant la seconde moitié de l'année", assure Frans Muller, le CEO d'Ahold Delhaize. Pour rappel, les Etats-Unis représentent environ les deux tiers du chiffre d'affaires du groupe.

En Belgique, les ventes sont restées globalement stables à un peu moins de 1,3 milliard d'euros au 2e trimestre. À calendrier égal, elles reculent toutefois de 1%. L'enseigne au lion est sauvée par les bonnes performances de ses magasins de proximité Proxy et Shop & Go. De nouvelles ouvertures sont d'ailleurs prévues au 2e semestre.

La rentabilité reste orientée à la hausse. Pour le 5e trimestre consécutif, la marge opérationnelle sous-jacente a en effet progressé, gagnant 2 points de base à 2,9%, grâce à des dépenses moindres et à un bon contrôle des coûts.

Aux Pays-Bas, les ventes d'Ahold Delhaize restent orientées à la hausse (+4,2% à 3,68 milliards d'euros au 2e trimestre). Mais la rentabilité reflue: le bénéfice opérationnel sous-jacent perd 2,3% à 191 millions d'euros.

Selon une habitude bien ancrée depuis quelques années, les ventes en ligne chez nos voisins du nord poursuivent par contre une croissance toujours aussi spectaculaire. Sur le premier semestre, elles ont bondi de 32% à 1,53 milliard d'euros. Une croissance que l'on retrouve chez nous, mais dans des proportions moins spectaculaires: +15,4% à 28 millions d'euros. Au niveau du groupe, elles progressent de 27,1% à 2 milliards d'euros.

Les coûts de la grève chez Stop & Shop - et de ses conséquences en termes de hausses salariales - avaient déjà poussé le distributeur à revoir à la baisse ses prévisions de marge opérationnelle et la croissance de son bénéfice par action pour 2019. Le groupe maintient ses prévisions: le bénéfice sous-jacent par action devrait rester cantonné dans la fourchette basse d'une croissance à un chiffre, autrement dit 2,5% maximum. La prévision d'un flux de trésorerie disponible de 1,8 milliard d'euros pour l'ensemble de l'année est quant à elle maintenue.

Le groupe prévoit le versement d'un dividende intérimaire brut de 0,30 euro par action.

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