Bpost réduit ses ambitions et dévisse (encore) en Bourse

©Bloomberg

En raison des charges salariales, de la hausse des volumes des colis et de l'absentéisme, l'Ebitda trimestriel de bpost a chuté de 21%. L'opérateur postal ne vise plus que le bas de sa fourchette de prévisions pour 2018.

Quel début d’année catastrophique pour bpost en Bourse! Depuis le mois de janvier, le titre a perdu un bon tiers de sa valeur (36%) soit près de 2 milliards d’euros.

Cette dégringolade s’est réalisée en deux temps. D’abord à la mi-mars avec la publication des résultats annuels de l’opérateur postal et ce jeudi avec une chute de plus de 13% à la Bourse de Bruxelles dans la foulée des chiffres des trois premiers mois de l’année . L'action termine sous les 16 euros, un niveau jamais atteint depuis fin avril 2014.

Deux éléments, essentiellement, expliquent la dégringolade d’aujourd’hui.

Si bpost a publié des revenus en ligne à 916 millions d’euros avec une baisse de 6,6% des volumes du courrier domestique, son Ebitda de 140 millions d’euros, en chute de 21%, est apparu bien en dessous des attentes du marché qui escomptait un chiffre supérieur de 30 millions d’euros. En cause: des charges de personnel plus élevées sous l’effet de la hausse des volumes des paquets, l’évolution des salaires et davantage d’absentéisme.

Rendement de 8%!

Conséquence de ce qui précède- et c’est notre second facteur- bpost a revu sa guidance pour l’ensemble de 2018. Le groupe ne table plus sur un Ebitda se situant dans une fourchette comprise entre 560 et 600 millions d’euros. Il évoque désormais le bas de cette fourchette alors que le consensus des analystes visait un chiffre de 580 millions d’euros.

Nouvelle rassurante toutefois: l’opérateur vise toujours un dividende pour 2018 au moins du même niveau que celui de 2017, soit 1,31 euro brut, ce qui au cours actuel de 16,34 euros représente un rendement de 8% ! Si bpost tient sa promesse, bien sûr...

La nouvelle guidance tiendra-t-elle?

"Bpost est passé à côté des attentes et a revu ses prévisions" résume Marcel Achterberg analyste chez Degroof Petercam. "La société semble rencontrer des temps plus difficiles pour gérer la déclin du volume de courrier alors que les coûts opérationnels grimpent plus vite qu’anticipé" note-t-il. Il reste à "conserver" sur la valeur, mais compte revoir son objectif de cours qui était jusqu’ici de 22 euros.

Ruben Devos de KBC Securities relève, pour sa part, qu’un dividende maintenu à 1,31 euro nécessitera un relèvement significatif de ratio de distribution au-dessus du niveau de 85% et accaparera la majorité de son cash flow libre annuel, si ce n'est pas plus que celui-ci. Sa recommandation est à "accumuler" avec un objectif de cours de 22 euros.

De son côté, Marc Zwartsenburg d’ING estime que la nouvelle prévision (le bas de la fourchette) pourrait ne pas être garantie au regard des chiffres du début d'année. "La baisse au premier trimestre est causée par le business existant ce qui est quelque peu préoccupant" souligne-t-il. Sa perspective sur la valeur est "négative" avec une recommandation à "conserver" et un objectif de cours de 24,20 euros.

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