Bpost va en appel pour une augmentation du prix du timbre

©Photo News

Le groupe semi-public coté, bpost, a démarré l’année 2017 sur les chapeaux de roue. Il a réalisé un nouveau record de croissance dans les colis domestiques, tandis que ses acquisitions de fin de l’an dernier ont bien contribué aux résultats. Il a, du coup, réussi à compenser l’effet négatif du maintien du prix du timbre.

Bpost a bouclé un premier trimestre de fort bonne facture en dépit du fait que le groupe postal n’ait pu augmenter le prix du timbre cette année, comme il l’espérait.

Le chiffre d’affaires de la société semi-publique cotée en bourse a bondi de 26,4% à 764 millions d’euros. Une performance réalisée grâce à la forte croissance des colis et aux acquisitions : fin de l’an dernier, bpost a parachevé le rachat des activités "travel retail" du groupe Lagardère en Belgique (rebaptisées Ubiway) ainsi que de la société de livraison à haute valeur ajoutée Dynagroup aux Pays-Bas. Ubiway est consolidée dans ses comptes depuis le 1er décembre 2016 tandis que Dynagroup l’est depuis le premier janvier 2017.

A elle seule, l’intégration d’Ubiway s’est traduite par une contribution de près de 117 millions d’euros à la hausse du chiffre d’affaires du groupe. De leur côté, les colis y ont contribué à hauteur de 51,2 millions d’euros.

->Les paquets nationaux

Les volumes de paquets domestiques ont progressé de 24,5% sur les trois premiers mois, ce qui constitue un record historique pour bpost. " Dans les colis domestiques, on surperforme trimestre après trimestre, souligne le porte-parole Baudouin de Hepcée. En 2016, la hausse des volumes avait atteint 17%, le dernier trimestre ayant enregistré la plus forte croissance (+21,7%). Le premier trimestre 2017 s’est avéré encore plus performant grâce au développement de l’e-commerce et du C2C (consumer to consumer). La croissance du C2C s’explique surtout par l’activité des "power sellers" du site e-bay, qui envoient énormément de colis, et de manière générale par celle des sites de seconde main. "

-> Les paquets internationaux

L’activité des colis internationaux a vu ses revenus croître de 11,4 millions d’euros grâce à l’effet positif des acquisitions, ainsi qu’à une augmentation des flux en provenance de Chine et des Etats-Unis. Vers la Chine, en revanche, les volumes de colis se sont réduits.
"Depuis avril 2016, détaille le porte-parole, la Poste chinoise a relevé ses tarifs de distribution des colis de lait en poudre en provenance de l’extérieur. Nous avons directement répercuté cette hausse dans nos tarifs. Suite à cela, certains clients sont passés par d’autres opérateurs, sans doute au départ d’autres pays européens."

-> Le courrier

De son côté, l’activité de distribution de courrier domestique a limité sa décrue à 4,7% sur les trois mois, contre -5% sur l’ensemble de l’an dernier et contre -5 à -6% budgété sur l’année 2017. Une résistance due à la tendance positive du volume de courrier publicitaire.

Globalement, à la hausse de 159,5 millions d’euros des revenus a répondu une hausse de 158,4 millions des dépenses (+37%), due elle aussi à la consolidation des nouvelles filiales. Du coup, l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) de bpost affiche une amélioration de 0,6% à 176,9 millions d’euros et le profit opérationnel (Ebit) une légère augmentation de 0,2% à 154,2 millions. Le bénéfice net croît également de 0,2% à 96,1 millions.

Perspectives maintenues

Koen Van Gerven, CEO de bpost ©Christophe Ketels

Sur la base de ce bon trimestre, la direction de bpost confirme ses perspectives pour l’ensemble de l’année. Elle table toujours sur un Ebitda et un dividende récurrents d’un niveau égal à ceux de 2016. A plus long terme, elle vise 620 millions d’euros d’Ebitda d’ici 2020.

Le prix du timbre se discutera En appel

Ces résultats ont été obtenus malgré que l’IBPT, le régulateur du secteur postal, eut refusé d’avaliser le projet d’augmentation du prix du timbre proposé fin de l’an dernier par bpost. Le groupe tablait sur cette hausse tarifaire pour compenser la réduction structurelle du volume de courrier domestique, ainsi que l’inflation automatique des coûts et des salaires. Ce feu rouge du régulateur se traduira pour bpost par un manque à gagner d’environ 20 millions d’euros en termes d’Ebitda sur base annuelle. Autrement dit, au premier trimestre, le groupe aura réussi à compenser un manque à gagner de quelque 5 millions d’euros. "Bpost déplore cette décision et estime qu’elle est contraire à la législation belge et européenne", écrit l’entreprise dans son communiqué diffusé mercredi à la clôture des marchés.

Bpost contestera ce feu rouge en appel, c’est désormais officiel. "Nous allons faire appel de la décision du régulateur pour 2017 concernant le prix du timbre et nous travaillons sur notre proposition d’augmentation des prix pour 2018", déclare le CEO Koen Van Gerven dans le communiqué. En pratique, bpost a jusqu’à la fin du mois de mai pour interjeter appel.

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