Des ratés dans la croissance d'Umicore, l'action mord la poussière

Marc Grynberg, CEO d'Umicore. ©Wouter Van Vooren

Le groupe Umicore a revu à la baisse ses perspectives de résultats en raison de difficultés rencontrées dans le domaine des batteries pour véhicules électriques. 2019 s’annonce comme une année de transition pour Umicore estime une analyste.

Net coup d’arrêt ce mardi matin à la "succes story" d’Umicore qui s'est traduite par un parcours boursier exceptionnel ces dernières années grâce à sa présence dans le segment très porteur des véhicules électriques.

Ce mardi, l’action a mordu la poussière, dévissant de plus de 17%, soit sa plus grosse chute en séance depuis 1991. En cause : un avertissement sur résultats.

Couacs en Chine et en Corée

Le groupe spécialisé dans la technologie des matériaux a annoncé que sa division active dans les batteries rencontrait des conditions de marché difficile en Chine et en Corée. Du coup, les perspectives précédemment formulées de 100.000 tonnes de ventes de matériaux pour cathodes en 2019 et 175.000 tonnes de capacité d’ici la fin 2021 seront plus vraisemblablement atteintes avec un retard de 12 à 18 mois.

Autre souci rencontré par le groupe: la baisse sensible du prix du cobalt et l’afflux de ce produit provenant de l’exploitation minière artisanale.

Lors de la présentation de ses résultats 2018 en février dernier, le groupe dirigé par Marc Grynberg n’avait pas donné de prévisions chiffrées pour 2019. Il signale aujourd’hui qu’il table sur un Ebit récurrent pour l’ensemble de l’année compris entre 475 millions et 525 millions d’euros. "Le point moyen de cette fourchette, soit 500 millions, reflète une baisse de 10% par rapport au consensus des analystes de 557 millions" a calculé Wim Hoste de KBC Securities.

"Nouvelle décevante"

Pour 2020, Umicore précise que ses revenus et bénéfices se situeront en deçà des indications antérieures qui évoquaient un potentiel supérieur de 35 à 45% de ses ambitions initiales de 500 millions d’euros. Concrètement, il s’agissait d’une fourchette comprise entre 675 millions et 725 millions d’euros. Une croissance significative des revenus et des bénéfices est toujours à l'ordre du jour mais elle sera de moindre ampleur. Le consensus se situe à 690 millions d’euros.

"L’annonce de ce jour est clairement une nouvelle décevante même si l’essentiel de cette déception est causée par des problèmes de calendrier" estime Wim Hoste qui a décidé d’abaisser sa recommandation à "accumuler" contre "acheter" avant. Son objectif de cours passe à 45 euros contre 50 euros avant.

Solide sur le long terme

Même sanction dans le chef de Nathalie Debruyne de Degroof Petercam qui bien qu’elle conseille toujours un achat de la valeur a réduit son "target" à 43 euros, soit 7 euros de moins qu'auparavant.

"L’histoire à long terme reste solide mais cette annonce indique clairement qu’Umicore n’est pas immunisé contre la situation actuelle en Chine", note l’analyste. "Cela signifie que 2019 sera une année de transition et que les conditions de marché actuellement négatives retarderont d’un an la croissance d’Umicore dans les matériaux pour cathodes."

Stijn Demeester d’ING ("acheter"; 47 euros) rappelle, pour sa part, que la division concernée par ce "profit warning" est le moteur du groupe. "Les difficultés sont concentrées sur le pôle ‘Energy and surface technologies’ en forte croissance qui est valorisé avec une prime significative. De sorte que nous attendons un impact négatif prononcé sur le cours de l’action aujourd’hui."

Et de fait, la sanction fut à la hauteur de la déception en Bourse.

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