Euronav toujours engluée dans le "pot au noir"

©kris van hamme

Le groupe de tankers Euronav subit toujours la crise qui affecte ce secteur. Une reprise n'est pas attendue avant quelques trimestres, estiment des analystes financiers.

Le secteur des pétroliers n’est pas encore sorti du creux de la vague dans lequel il stagne depuis de nombreux mois. Et le vent porteur ne risque pas de se lever de sitôt si l’on en croit le communiqué des résultats trimestriels d’Euronav publié ce matin. C'est comme si la compagnie maritime, malgré tous ses efforts, restait engluée dans le "pot au noir", cette partie de l'océan Atlantique où le vent peut être absent pendant de longues périodes.

Tout l’horizon n’est cependant pas bouché. On entrevoit quelques éclaircies comme la hausse de la demande de pétrole brut et l’augmentation des distances parcourues par les navires. Mais, selon le CEO d’Euronav, un nouvel équilibre du marché requiert une réduction des anciens navires, une diminution des commandes et un soutien au niveau du prix du pétrole.

Les chiffres trimestriels d’Euronav reflètent bien évidemment la crise qui touche ce secteur: chiffre d’affaires en chute de 40%, Ebitda divisé par trois et résultat dans le rouge. Le titre a dévissé de 9% ce matin en Bourse avant de limiter son recul à 6,76 euros (-7,6%) en fin de matinée.

Pessimisme sur tous les ponts chez ING

"Les résultats ont été décevants pour l’entreprise et, pire, la direction semble être devenue plus pessimiste pour ses perspectives" relève Quirijn Mulder analyste chez ING. Le deuxième trimestre s’annonce également faible avec à nouveau un résultat négatif tandis que le troisième trimestre est traditionnellement le plus faible de l’exercice, estime-t-il. "Le consensus des analystes table toujours sur un Ebitda de 170 millions de dollars pour 2018 alors que nous croyons que cela n’est plus réaliste". Quirijn Mulder enfonce le clou. "Nous pensons aussi que la fusion annoncée avec Gener8 attendue pour le deuxième trimestre ne constitue pas un catalyseur dans cet environnement difficile." Sa perspective est donc négative mais il reste, pour l’instant, à l’achat sur l’action avec un objectif de cours de 8,2 euros.

©L'Echo

Amélioration en 2019?

Luuk van Beek, analyste chez Degroof Petercam, estime, pour sa part, que le marché des tankers reste très déprimé, ce qui ne devrait pas changer tant que des vieux tonnages n’ont pas été supprimés. "La solide position de liquidités d’Euronav (817 millions de dollars à la fin mars, Ndlr) va lui permettre de passer à travers ce revers et éventuellement de tirer avantage de nouvelles opportunités pour acquérir des bateaux à des prix intéressants souligne-t-il. Le deal avec Gener8 devrait amplifier la hausse lorsque le marché se reprendra". En se basant sur le carnet de commandes global actuel, il s’attend à une amélioration de l’équilibre du marché en 2019. Il est toujours à "conserver" sur la valeur avec un objectif de cours de 8 euros.

Enfin, du côté de chez KBC Securities, Cédric Duinslaeger voit les taux de fret d’Euronav surperformer les taux moyens très bas du marché au premier trimestre 2018. Il estime toutefois qu’ils continueront à rester sous pression tout au long de 2018. Il conseille d’accumuler la valeur et vise un objectif de cours de 8,10 euros.

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