Face au Covid-19, Solvay parvient à limiter la casse

Ilham Kadri, CEO de Solvay, insiste sur les économies qui ont permis de doper les flux de trésorerie disponibles. ©Brecht Van Maele

La crise du Covid-19 a fait reculer le chiffre d'affaires du groupe chimique de 11%. Solvay entend néanmoins réduire ses coûts de 300 millions d'euros.

La crise du Covid-19 a lourdement impacté les revenus du groupe Solvay , qui clôture le premier semestre sur une chute de 11% de son chiffre d'affaires. Celui-ci plafonne à 4,65 milliards d'euros.

L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) baisse même de 15,6% à 1,01 milliard d'euros, après un 2e trimestre lourdement impacté par la crise du Covid-19 et bouclé sur une baisse de 29,5% à 439 millions. Le résultat net est négatif de 1,29 milliard, conséquence de la dépréciation d'actifs de 1,5 milliard opérée en juin et qui concerne principalement le goodwill lié à l’acquisition de Cytec.

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L'Ebitda baisse de 15,6% à 1,01 milliard d'euros, après un 2e trimestre lourdement impacté par la crise du Covid-19.

Ces chiffres peu reluisants sont toutefois meilleurs qu'attendu par les analystes, dont le consensus visait un chiffre d'affaires de 4,6 milliards d'euros.

L'impact de gros secteurs

Solvay est donc parvenu à limiter la casse. La contre-performance, attendue, s'explique par l'impact de la crise du Covid-19 sur de gros secteurs industriels clients du groupe: aéronautique, automobile, pétrole, gaz et construction.

Mais alors que l'automobile a vu sa production reculer de 30%, le chiffre d’affaires réalisé par Solvay dans ce secteur n'a baissé que de 26%. "Le marché automobile recule, mais nous continuons de gagner des parts de marché", souligne Ilham Kadri, la CEO du groupe. Et dans l'aéronautique (7% du chiffre d'affaires), la division Matériaux composites de Solvay a limité la chute à 32,2% alors que le secteur régressait de 45%.

Les secteurs de la santé, de l'agroalimentaire, des soins à la personne et la maison, et de l'électronique se sont par contre révélés plus résilients et ont permis de limiter les dégâts.

Redémarrage en fin d'année

Dans le contexte d'incertitude actuelle, Solvay s'attend encore à un 3e trimestre difficile, avant un redémarrage en fin d'année. Celui-ci s'est déjà produit dans certaine régions, notamment en Chine où les ventes reviennent aux niveaux d'avant le Covid. Ilham Kadri table aussi sur "une amélioration lente de l'automobile et de la construction".

Pour faire face au marasme actuel, le groupe prévoit des mesures de réduction des coûts permettant d'économiser 300 millions d'euros, histoire de pouvoir générer des flux de trésorerie comparables à ceux de 2019.

Parmi les mesures déjà annoncées figurent notamment l'abandon de deux projets architecturaux, à Paris et à Bruxelles. Au siège de Neder-over-Heembeek, certains bâtiments auraient dû disparaître au profit de nouvelles installations. Ils seront conservés et rénovés.

"Il n'y a pas d'urgence. Et si un nouveau projet devait voir le jour, il sera de toute manière plus modeste. Je préfère me concentrer sur les projets industriels", dit la patronne du chimiste belge.

Investissements

Le premier semestre a déjà permis de réaliser 170 millions d’euros d’économies de coût, "dont 80 millions obtenus via des mesures structurelles", et de générer un niveau record de réserve de trésorerie à 435 millions d'euros, contre 33 millions en 2019.

Solvay s'apprête néanmoins à reprendre les investissements sur des projets "créateurs de valeur", ajoute la CEO du groupe. "Pour 2020, nous disposons d'une capacité d'investissement de 600 millions d'euros, contre 825 millions en 2019", précise-t-elle.

"Pour 2020, nous disposons d'une capacité d'investissement de 600 millions d'euros, contre 825 millions en 2019."
Ilham Kadri
CEO de Solvay

Au programme, notamment, un partenariat avec Veolia visant à créer un consortium d'économie circulaire autour du recyclage des batteries. "Nous voulons proposer des solutions de reconditionnement réel, sans dégradation progressive de la qualité au fil des recyclages", dit Ilham Kadri. Des pourparlers sont en cours avec plusieurs constructeurs automobiles.

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