Fort de nouvelles commandes, EVS confirme son redressement

©Frédéric Pauwels / HUMA

Grâce notamment à une diminution de ses charges, la société technologique liégeoise a vu sa marge améliorée. D’importantes commandes reçues depuis juillet l’incitent à l’optimisme.

EVS a vu son chiffre d’affaires baisser de 6,9% à 41 millions d’euros à l’issue du premier semestre. Si on exclut les grands événements sportifs (l’année impaire 2019 en est dépourvue), les revenus de la société liégeoise spécialisée dans les technologies de production vidéo en direct ont au contraire progressé de 12%.

19%
de commandees supplémentaires
Au 30 juin dernier, la prise de commandes était en hausse de 19% soit 22,5 millions d'euros

"Ces revenus ont été influencés par des actions commerciales fortes, une rigueur et un travail de fond dans le suivi des clients et de leurs différents projets en cours", indique le CEO par intérim et président du conseil d’administrationPierre De Muelenaere. Le regain de forme du marché des cars de régie TV qui a crû de 40,5% par rapport à 2018 soutenu par le passage à la UHD permet également d’augmenter les prises de commandes depuis le début de l’année avec une croissance de 19%." On s’est fixés des objectifs élevés et on les a dépassés surtout dans un marché difficile où nos principaux clients, les chaînes de télévision, sous pression par la baisse de leurs revenus publicitaires et la concurrence des Gafa, utilisent leurs équipements jusqu’à la corde et les renouvellements de plus en plus tard", ajoute le CEO intérimaire.

Charges en baisse

Un CEO pour la fin de l’année

Promis juré, EVS aura un nouveau CEO d’ici la fin 2019, près de 1,5 an après le départ de Muriel De Lathouwer. À la barre de la société depuis juillet 2018 Pierre De Muelenaere justifie son long intérim par la nécessité de trouver la personne idoine et par la situation délicate de l’entreprise à l’époque, laquelle nécessitait de ne pas agir dans la précipitation.

Sous sa houlette, les troupes ont été remobilisées, le business s’est redressé et, face aux velléités de son concurrent canadien Evertz de grimper dans son capital (il a passé le seuil de 3% des droits de vote l’automne dernier), EVS a entrepris en octobre un programme de rachat d’actions pour 10 millions (près de 5 millions rachetées à ce jour) tandis que deux actionnaires de poids, Belfius et AvH, sont entrés dans son capital fin 2018, ce qui prouve la confiance du CA dans la société et son indépendance. Dans un marché en pleine consolidation, EVS reste d’ailleurs à l’affût d’éventuelles acquisitions.

 

Dans le même temps, EVS a vu ses charges d’exploitation baisser de 7,1% suite notamment au départ d’une quarantaine de collaborateurs, soit 8% de ses effectifs au 30 juin 2018, ceci notamment en raison de l’amélioration des processus de R&D, de l’organisation, de l’établissement de certaines priorités, etc. Par conséquent, le résultat opérationnel bondit de 46% à 3,4 millions, la marge passant de 5,3% à 8,3%. Cependant, une vingtaine de postes restent ouverts si bien que d’ici la fin de l’année, l’emploi devrait rester relativement stable par rapport à 2019. "C’est le lot des sociétés IT où le turnover est en moyenne de 13% par an", commente le CEO par intérim. Les charges d’exploitation devraient donc être stables par rapport à 2018.

Par contre le résultat net s’effondre de 65,2% à 3,7 millions d’euros. Il est vrai qu’il y a un an, il avait été favorablement influencé par la déduction fiscale pour revenu d’innovations (6,6 millions). Sans ces éléments exceptionnels, le bénéfice net a augmenté de 7,1%.

Optimisme en hausse

EVS se montre plutôt optimiste pour la seconde partie de l’année, traditionnellement plus forte que la première partie. On a déjà évoqué ci-dessus la hausse des prises de commandes depuis le début de l’année. Le carnet de commandes au 30 juin dernier, incluant celles effectuées par les clients l’an dernier qui donneront lieu à des revenus en 2019, s’affiche à 22,5 millions d’euros. C’est certes 4,5% de moins que l’an dernier à la même époque. Mais comme toujours lors des années paires chez EVS, il avait été dopé par les grands événements sportifs. "Sans les big events, la croissance est de 10,4%, se félicite Pierre De Muelenaere. C’est d’autant plus réjouissant que, depuis, sont venues s’ajouter de nouvelles commandes."

Il s’agit de 11,3 millions d’euros pour les grands événements sportifs mondiaux de l’été 2020 (Jeux olympiques, Euro de football…) et 8 millions de dollars pour la mise à niveau des outils de production de NEP, leader international dans les services de production audiovisuelle, qui seront livrés à partir de septembre 2019 jusqu’au début 2020. À cela s’ajoutent 6,8 millions de commandes à facturer en 2020 et au-delà.

EVS confirme donc l’objectif de chiffre d’affaires, compris entre 100 et 120 millions d’euros grâce à un second semestre plus solide, et s’attend à des charges stables pour l’ensemble de l’année 2019.

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