interview

"L'Espagne est un pays où Ageas pourrait viser le top 5"

Bart De Smet, CEO d'Ageas. ©BELGA

A l'issue du premier trimestre, l'assureur Ageas a dégagé un résultat net en hausse de 1% à 251,4 millions d'euros, un chiffre inférieur aux estimations du marché. Entretien avec Bart De Smet, son CEO.

Etes-vous sur la balle en matière d’acquisition en Europe?

Vous savez, sur une année, nous regardons 30 à 40 dossiers. Cela ne signifie pas que nous faisons offre. Mais dans les marchés qui sont clefs pour nous, en Europe on parle de la Belgique, du Portugal et du Royaume-Uni, on regarde chaque dossier qui se présente. Ceci dit, nous voulons rester disciplinés sur le prix. Or, les dernières acquisitions observées dans le marché en Europe se sont faites à des prix comparables avec ce que l’on observe pour les marchés de croissance, c’est-à-dire 20 à 30 fois les bénéfices. Pour des dossiers avec peu de possibilités de croissance, c’est cher.

Ce qui est sûr, c’est qu’Ageas ne va pas faire d’idiotie en matière d’acquisition. En Belgique et au Portugal, notre position forte fait qu’une acquisition n’est pas nécessaire, ce qui n’exclut pas qu’on puisse en réaliser une si elle fait sens. Au Royaume-Uni, nous sommes pour le moment dans une logique de stabilisation. Après avoir mis fin à une série de partenariats, notre chiffre d’affaires ne devrait plus baisser cette année mais se stabiliser, pour ensuite faire place à la croissance dans les années qui suivent. 

Ageas est citée comme candidat repreneur pour l’espagnol Caser. C’est le cas?

Nous avons dit que nous n’excluions pas d’entrer sur un 4e marché en Europe. Nous avons exclu un certain nombre de pays (la France, l’Allemagne, les Pays-Bas), pas l’Espagne. L’Espagne est certainement un pays qui pourrait nous intéresser, où l’on pourrait viser une position dans le top 5. Au-delà de ça, nous ne faisons pas de commentaire sur les rumeurs.

De quelle taille pourrait être une acquisition ?

Vu le cash disponible dont nous disposons -1,3 milliard d’euros- et la dette que nous pouvons encore émettre, nous pourrions mobiliser un peu plus de 2 milliards d’euros pour des acquisitions.

Où en est-on dans le règlement du dossier Fortis ?

À ce stade, nous avons effectué un premier paiement pour un total de 455 millions d’euros concernant 115.000 demandes d’indemnisation. A la fin du mois de mai, il y aura un versement pour 43.000 autres dossiers. Nous avons aussi enregistré 250 " opt out " (ndlr, des actionnaires de Fortis qui n’acceptent pas le règlement à l’amiable négocié, dont Patrinvest (le holding d’Alexandre Van Damme). Ensemble, ces " opt out " représentent environ 1% du montant total de 1,3 milliard d’euros prévu par Ageas.

Propos recueillis par Paul Gérard

Le résultat d'Ageas sous les attentes

A l’issue du premier trimestre, le groupe d’assurances Ageas a encaissé un total de primes de 12,8 milliards d’euros en hausse de 8%. La part d’Ageas affiche une progression de 11% à 4,9 milliards avec un bond de 34% en Belgique à 1,55 milliard.

"Nous sommes très heureux du dynamisme commercial enregistré ce premier trimestre, plus particulièrement en Belgique, au Portugal et en Asie où nous continuons de générer une forte croissance des encaissements", a souligné Bart De Smet, le CEO d’Ageas dans un communiqué.

Le ratio combiné (sinistres par rapport aux primes) passe de 98,8% à 98,3%.

Le résultat net, pour sa part, progresse de 1% à 251,4 millions d’euros, ce qui est inférieur aux prévisions des analystes qui tablaient sur un chiffre de 257 millions d’euros. Le résultat des assurances-vie accuse un repli de 11% à 223 millions d’euros en raison de l’écart temporel dans la réalisation des plus-values, détaille l'assureur. 

Chute du résultat en Belgique

En Belgique, le résultat net global a chuté de 41% à 80,6 millions d’euros. Il a été affecté par la baisse du résultat des placements et les intempéries. En Asie, par contre, il a grimpé de 19% passant de 123,8 millions d’euros à 146,9 millions. Le résultat exceptionnellement élevé en Asie lié à l’évolution favorable des marchés d’actions au premier trimestre a compensé la contribution plus faible des plus-values en Belgique, précise le groupe.

Au niveau du bilan, les capitaux propres s’élèvent à 10,2 milliards d’euros, soit 52,05 euros par action. De son côté, le ratio de solvabilité II se situe à 194% en ce non compris l’avantage de la nouvelle émission de dette.

L’assureur ne donne pas de prévisions pour l’ensemble de l’année.

 

 

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