La consolidation de 50Hertz dope les chiffres d'Elia

Parmi les gros investissements en cours: le MOG, cette prise électrique géante en mer pour relier des parcs éoliens à la côte belge. ©rv

Elia a enregistré au premier semestre un bénéfice net normalisé de 154,4 millions, en hausse de 8%. Mais la hausse est due au rachat de 20% supplémentaires dans le réseau allemand 50Hertz. Le résultat net attribuable au groupe, lui, est en baisse de 11%.

Le groupe Elia, qui gère le réseau à haute tension belge et le réseau 50Hertz dans le nord-est de l’Allemagne, a publié ce vendredi pour le premier semestre un résultat net attribuable au groupe en baisse de 11,2%, à 126,2 millions d’euros. L’explication? L’effet positif d’une provision libérée en 2018, que l'on ne retrouve pas cette année.

La comparaison avec les chiffres du premier trimestre 2018 est difficile: suite à l’acquisition de 20% supplémentaires dans Eurogrid, l’actionnaire unique de 50Hertz, Elia consolide depuis mai 2018 intégralement sa participation dans le réseau allemand, alors qu’il procédait auparavant à une mise en équivalence. Cela explique une augmentation du chiffre d’affaires de 83,4% au premier trimestre 2019, à 1.159,5 millions d’euros. Sur une base remaniée, l’augmentation du chiffre d'affaires est de 10,7%, grâce à l’augmentation des revenus en Belgique comme en Allemagne.

Diminution de l'EBIT en Allemagne

L’EBIT augmente lui de 28,5%, pour s’établir à 281,6 millions. Mais sur une base remaniée, l'EBIT est en baisse de 12,6%, suite à un EBIT plus faible en Allemagne et une perte opérationnelle un peu plus importante des activités non régulées. La diminution de l’EBIT en Allemagne est entièrement due à la reprise, en 2018, d’une provision réévaluée suite à un audit fiscal. La performance opérationnelle en Belgique, elle, est en hausse.

Comme on l’a déjà dit, le résultat net attribuable aux détenteurs d’actions ordinaires recule lui de 11,2%. Et les capitaux propres sont en augmentation de près de 13%, principalement à cause de l’augmentation de capital de 434,8 millions réalisée en juin. Résultat: le résultat normalisé par action est de 1,87 euro, contre 2,26 euros durant la même période en 2018, un recul de 17%.

Elia dit garder "bon espoir de réaliser un rendement ajusté des capitaux propres compris entre 7 et 8% en 2019": 5 à 6% de rendement sur les activités régulées en Belgique, où les investissements devraient atteindre environ 700 millions d’euros sur l’année, et 8 à 10% en Allemagne, où ils devraient se monter à 420 millions. Sur les six premiers mois de l’année, Elia a déjà investi 273,6 millions en Belgique, principalement dans Brabo, qui doit renforcer le réseau autour du port d’Anvers, dans Alegro, la première interconnexion avec l’Allemagne, et dans la prise électrique géante en mer qui doit être mise en service au second semestre. En Allemagne, il a investi 114,1 millions au premier semestre, notamment dans Ostwind1, qui raccorde les parcs éoliens Arkona et Wikinger à son réseau terrestre.

Elia indique qu’il progresse dans son projet de réorganisation interne visant à isoler les activités régulées en Belgique des autres, pour éviter tout risque de subvention croisée. "La structure envisagée pourrait impliquer un 'push down' des activités régulées belges vers une filiale nouvellement constituée", indique le groupe dans son communiqué.

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