Le dividende de la BNB à la traîne du bénéfice

©BELGA

La Banque nationale a vu son bénéfice progresser en 2018 de 18% à 746 millions d’euros. Mais son dividende n’augmente que de 8%.

La Banque nationale de Belgique (BNB) a clôturé un bon exercice 2018: son bénéfice a atteint son niveau le plus élevé au cours de ces cinq dernières années. Cette hausse s’explique surtout par la progression de son produit net d’intérêt, qui s’est étoffé de 248 millions d’euros pour atteindre 1,5 milliard.

317 millions
d'euros
Ce qui subsiste après la mise en réserve et la distribution du dividende, soit 317 millions d’euros, est versé dans les caisses de l’État.

La progression des revenus d’intérêts est le résultat de la forte augmentation du portefeuille obligataire de la BNB à la suite des achats d’obligations effectués dans le cadre du programme de soutien économique de la Banque centrale européenne (BCE). Ainsi, le portefeuille d’obligations d’État belges est passé de 57,3 à 63,2 milliards d’euros. En outre, la Banque nationale a reçu davantage d’intérêts des banques qui déposent chez elle leurs excédents de liquidités.

Mais tous les postes de son compte de résultats n’ont pas évolué favorablement. La BNB a enregistré 61 millions d’euros de pertes réalisées et non réalisées sur titres américains parce que les taux en dollar ont augmenté. Une hausse des taux se traduit par un recul des cours des obligations. En outre, la BNB a dû céder davantage de revenus aux autres banques centrales de la zone euro. La BNB réserve, comme les années précédentes, la moitié de son bénéfice. Ce sont 373 millions d’euros qui viennent s’ajouter à ses coussins de sécurité, qui s’élèvent à 6,2 milliards. La politique de dividende ne change pas. C’est ce qu’on appelle le portefeuille statutaire, et non pas le bénéfice, qui détermine le dividende. Il s’agit d’un portefeuille d’investissements de quelque 6 milliards d’euros. Les obligations, qui constituent plus de 90% de ce portefeuille, ont procuré l’an dernier un rendement moyen de 2,5%. Le dividende progresse ainsi de près de 8,5% à 138,47 euros par action. L’État et le groupe des actionnaires privés détiennent chacun 50% du capital de la BNB. Le solde du bénéfice, ce qui subsiste après la mise en réserve et la distribution du dividende, soit 317 millions d’euros, est versé dans les caisses de l’État.

Lire également

Publicité
Publicité