"Le scénario du pire semble évité pour IBA"

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Même si IBA n’atteindra pas son objectif de résultat positif pour 2018, le leader de la protonthérapie semble sur la bonne voie pour opérer son redressement.

Le bout du tunnel serait-il en vue pour IBA , qui a aligné une série d’avertissements sur résultats (quatre rien que pour l’exercice 2017) inédite dans les annales récentes de la Bourse de Bruxelles?

Alors que le résultat négatif pour 2018 constitue une petite déception, nous considérons les nouvelles d’aujourd’hui comme positives.
Lenny Van Steenhuyse Sandra Cauwenberghs
Analystes chez KBC Securities

Celui lancé ce matin – qui, aux yeux de Giel-Jan Triest d’ING ("vendre"; 15 euros), ne constitue pas une surprise- pourrait bien être le dernier.

Second semestre dans le vert

Certes, l’objectif de renouer avec un bénéfice cette année ne sera pas atteint, mais celui d’un Rebit positif a été confirmé. IBA table désormais sur une perte à un chiffre, soit entre 1 et 9 millions d’euros. Mais il s’agit d’une très nette amélioration par rapport au trou de 39,2 millions constaté en 2017. La raison de ce nouveau dérapage: seuls trois des sept contrats de protonthérapie signés en 2018 ont commencé à générer des revenus.

Ce qui permet d’être plus optimiste, c’est le redressement qui semble avoir été opéré au second semestre avec un Rebit et un résultat dans le vert. Ce rétablissement s’appuie, entre autres, sur une croissance à deux chiffres des revenus des services de protonthérapie et sur une réduction de plus de 15 millions d’euros des résultats d’exploitation en 2018.

Nouvelles positives

"Alors que le résultat négatif pour 2018 constitue une petite déception, nous considérons les nouvelles d’aujourd’hui comme positives", écrivent Lenny Van Steenhuyse et Sandra Cauwenberghs de KBC Securities. "Elles démontrent les améliorations opérationnelles continues d’IBA et la solide performance dans tous ses marchés et divisions." Ils maintiennent leur recommandation à "accumuler" avec un objectif de cours de 23,5 euros.

"Le scénario du pire semble évité", souligne, pour sa part, le broker Kepler Cheuvreux. Mais il ne touche, ni à son avis ("conserver"), ni à son "target" (13,5 euros) et ce pour trois raisons: il n’y a toujours pas de neuf sur la vente de la division dosimétrie, les prises de commandes restent ternes et il attend une visibilité complète sur les résultats annuels (prévus le 21 mars) avec la génération de cash-flow libre et la performance de chaque division.

Prudence 

Chez Stéphanie Put de Degroof Petercam ("conserver"; 13 euros), la prudence reste de mise sur le potentiel à court terme de la société. "Le second semestre a montré des améliorations et les revenus récurrents issus des services commencent à prendre une part croissante dans les chiffres totaux", reconnaît-elle. "Néanmoins, le marché de la protonthérapie continue d’être faible de telle sorte que nous n’attendons pas de net redressement dans un proche avenir."

Nous laisserons le mot de la fin au CEO d’IBA, Olivier Legrain. "Au second semestre de 2017, nous avons enregistré une très lourde perte qui a été réduite à l’issue des six premiers mois de 2018 et nous avons renoué avec le bénéfice au 2e semestre", a-t-il résumé à nos confrères du Tijd. "Un investisseur à long terme peut donc être rassuré sur la capacité d’IBA d’être bénéficiaire même lorsque le marché de la protonthérapie n’est pas porteur."

Le marché semble l’avoir entendu. Après un recul à l’ouverture, le titre prenait 3,7% à 12,21 euros en fin de matinée.

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