Roularta tire profit de ses récentes acquisitions

En déut d'année, Roularta a fêté les 20 ans de sa première cotation en Bourse de Bruxelles ©Mathieu Paternostre

Grâce à l’acquisition des magazines féminins de Sanoma et à 50% de Mediafin, le chiffre d’affaires et l’Ebitda de Roularta sont en hausse sensible.

Roularta a réalisé un premier semestre plutôt solide en apparence. Le chiffre d’affaires du groupe de médias a progressé de 17,8% par rapport à la même période en 2017 pour atteindre 147,9 millions d’euros. L’Ebitda redevient positif, atteignant 10,7 millions contre -5,3 millions l’an dernier.

La visibilité du marché publicitaire est insuffisante pour qu’on puisse émettre un pronostic pour le second semestre.
Le groupe Roularta

Ces résultats s’expliquent par l’acquisition en janvier 2018 des magazines féminins de Sanoma (Femmes d’Aujourd’hui, Libelle, Flair…). "Grâce à ces reprises, nous observons une hausse des ventes d’abonnements (+32,6%) et des ventes au numéro (+198,4%), ainsi qu’un statu quo quant au chiffre d’affaires publicitaire", note le groupe. "Ces marques sont complémentaires par rapport au portefeuille de Roularta, elles génèrent des synergies, ce qui transparait dans les chiffres du premier semestre", observe le CEO Xavier Bouckaert.

La pub s'écrase

Les coentreprises, avec des marques comme Mediafin, éditeur des journaux De Tijd et L’Echo (dont le groupe a acquis 50% des parts en octobre 2017), Plus Magazine, etc., apportent elles aussi une contribution positive. Le résultat net de ces coentreprises augmente de 5 millions d’euros à 1,1 million après des réductions de valeur exceptionnelles de 4,7 millions en 2018.

Hors reprises, le chiffre d’affaires de Roularta s’est cependant sensiblement tassé, à hauteur de 7,8 millions, soit un recul 6,3%. Cette baisse s’explique surtout par celle du chiffre d’affaires publicitaire, essentiellement dans les médias gratuits, concurrencés par l'Internet. 

Chute du bénéfice net

La hausse de la marge brute (78,8% en juin 2019, contre 77,8% en juin 2018) et la baisse des coûts des services et biens divers et du personnel se traduisent par une hausse de l’Ebitda. Le résultat net chute 94% à 3,8 millions contre 74,2 millions l’an dernier, mais à l’époque celui-ci avait été porté par la plus-value sur la vente de la participation dans Medialaan (VTM, etc.), soit 150,3 millions.

3,8
millions d'euros
Le résultat net de Roularta s'effondre, mais en 2018 il avait été dopé par la la plus-value sur la vente de la participation dans Medialaan.

Pour la seconde partie de l’année, Roularta note que si le marché des lecteurs est relativement stable grâce aux abonnements, le chiffre d’affaires publicitaire demeure très volatil. On observe d’importantes fluctuations d’un mois à l’autre. "Dès lors, la visibilité est insuffisante pour qu’on puisse émettre un pronostic pour le second semestre", indique Xavier Bouckaert. Le groupe investit donc beaucoup dans le marché des lecteurs. Il attend ainsi beaucoup de la nouvelle formule d’abonnement "New Deal" permettant à l'abonné d'un magazine d’accéder au contenu numérique des autres magazines d’information du groupe.

Nouvelle rotative

Le groupe a par contre revu à la baisse ses ambitions dans Storesquare, plateforme de commerce électronique pour les commerçants locaux qui ambitionnait de revitaliser avec les Bol.com et autre Zalando. La mayonnaise n'a pas pris. Le nombre de boutiques est passé en un an de 900 à 500 et l'activité affichait une perte de 2,9 millions en 2019. "Nous nous recentrons désormais sur une offre plus qualitative autour des magasins de mode indépendants, cette activité devrait être rentable l'an prochain", prédit Xavier Bouckaert.

Roularta vient aussi d'investir dans une nouvelle rotative pour un montant de 12 millions d'euros. "Nous répondons ainsi à une importante demande du marché, indique Xavier Bouckaert. Paradoxal, alors que les tirages de la presse magazine diminuent? "Détrompez-vous, répond le CEO, il y a eu plusieurs faillites et le secteur est en sous-capacité."

Enfin, Xavier Bpuckaert ne se dit pas inquiet par la nouvelle concurrence que constituent l'édition belge de Newsweek côté flamand et le lancement de la chaîne d'info LN24 côté francophone. "LN24 est un projet courageux, mais imposer une nouvelle marque dans le paysage média prend beaucoup de temps et mange beaucoup de capitaux. Je ne serais pas étonné s'ils faisaient rapidement un nouveau tour de table."  

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