Toujours plus de renouvelable pour Luminus en 2019

Pour Grégoire Dallemagne, le CEO de Luminus, la crise du coronavirus doit servir de "wake-up call" face à l'urgence climatique. ©Frederic Pauwels

Le numéro 2 de l'énergie en Belgique a clôturé une année 2019 en positif malgré la faible rentabilité des centrales nucléaires. Du reste, Luminus a installé 26 éoliennes (80 MW) sur le territoire en un an. Un record.

Après Electrabel, c'est au tour de Luminus de faire le bilan. Deuxième fournisseur et producteur d'énergie du pays, la filiale d'EDF a connu une année 2019 solide, lui permettant de renouer avec le profit. Forte d'un chiffre d'affaires en hausse de 5% à 2,5 milliards d'euros, la société a investi près de 150 millions d'euros sur un an, principalement dans sa filière renouvelable. Pourtant, même s'il est positif, le bénéfice dégagé n'impressionne pas. En effet, à 11 millions d'euros, le résultat ne représente que 0,4% du chiffre d'affaires.

11 millions
d'euros
Luminus a réalisé un bénéfice net de 11 millions d'euros en 2019, soit 0,4% du chiffre d'affaires.

Cette faible rentabilité est à imputer à la perte réalisée sur la branche nucléaire des activités de l'énergéticien, particulièrement grevée par des charges toujours plus lourdes mais surtout par la révision triennale des provisions nucléaires. Comme ce fut le cas pour Electrabel (2,1 milliards), le principal opérateur des réacteurs de Doel et Tihange, les provisions ont été revues à la hausse pour Luminus, résultant en une charge financière exceptionnelle de 100 millions d'euros. Pour rappel, Luminus détient 10% de Tihange 2, Tihange 3, Doel 3 et Doel 4.

26 nouvelles éoliennes

Mais au-delà des chiffres, Luminus tient surtout à mettre l'accent sur son rôle dans la transition énergétique. "Nous avons installé 26 éoliennes pour une capacité de 80 MW en 2019. C'est un record en Belgique pour l'éolien terrestre", affirme Grégoire Dallemagne, le CEO de l'entreprise. Ainsi, Luminus assoit un peu plus sa position de leader de l'éolien onshore et compte aujourd'hui près de 521 MW installés sur le territoire belge. 

"Nous avons installés 26 éoliennes pour une capacité de 80 MW en 2019, c'est un record en Belgique pour l'éolien terrestre."
Grégoire Dallemagne
CEO de Luminus

En ce qui concerne les moyens de production thermiques, Luminus continue d'en étudier l'expansion à l'aune de la mise en place du CRM, le mécanisme de rémunération de la capacité censée orchestrer la production d'électricité en Belgique après 2025 et la sortie du nucléaire. "Les centrales thermiques permettent de compenser l'intermittence du renouvelable et font partie du mix énergétique de demain. Nous comptons sur des centrales à gaz à haut rendement, compatibles avec des gaz verts pour épauler le renouvelable dans la poursuite du zéro carbone. En cas de prolongation du nucléaire, une décision qui appartient au politique, il est évident que le nucléaire a sa place dans un mix énergétique décarboné même s’il y a une inquiétude grandissante quant à la rentabilité de ce mode de production", explique encore Grégoire Dallemagne.

Électrification

Et le coronavirus dans tout cela? Eh bien ses effets se feront ressentir l'an prochain. Précisément, la crise aura impacté Luminus de trois façons: "d'abord, il est inévitable que des pertes seront observées dans la vente d'électricité à cause de la chute des prix causée par la crise. Ensuite, les risques de factures impayées ont été accrus de par le grand nombre de secteurs en difficultés. Enfin, notre pôle des services d'efficacité énergétique a été mis complètement à l'arrêt entre avril et mai et il en résultera une perte certaine", expose le patron.

"La relance doit être verte et portée par l'électrification."
Grégoire Dallemagne

Pour l'avenir, Luminus souhaite une "relance verte portée par l'électrification". Selon Grégoire Dallemagne, l'électrification est le pilier sur lequel doit s'appuyer la transition énergétique afin d'atteindre le zéro carbone en 2050. "L'efficacité énergétique, l'installation de pompes à chaleur et la mobilité électrique permettront de réduire considérablement les émissions de CO2. Et cela se traduit par une l'électrification de bon nombre d'activités et de processus", appuie le CEO. "Luminus veut faire partie de ce mouvement", conclut-il.

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