Les bailleurs de fonds accompagnement l'entreprise dans sa croissance

Joris Wille (droite) et ses business angels. ©wim kempenaers (wkb)

Dans leur quête de fonds, les PME s’adressent souvent à des sociétés d’investissement comme la GIMV ou à des business angels. En dehors des besoins d’investissement, ces derniers apportent leur expertise à d’autres projets, ce qui met en valeur leur implication dans la bonne marche de l’entreprise.

Dès la création de son entreprise de logiciels Familyware, Joris Wille s’est mis en quête de financement. Aujourd’hui, Familyware travaille avec deux business angels qui accompagnent l’entreprise depuis trois ans. " Non seulement ils ont apporté des fonds, mais leur expertise est également une source de plus-value. L’un est particulièrement compétent dans la vente et le marketing; l’autre en finances. Même si vous recherchez avant tout une aide financière, une telle plus-value n’est pas négligeable.

Au début, elle n’était d’ailleurs pas si évidente. Nous avons eu besoin de plusieurs discussions pour éclaircir la situation. Il faut également apprendre à faire confiance. Et a être sur la même longueur d’onde au niveau personnel. " Grâce à leur expertise spécifique, les business angels complètent parfaitement le chef d’entreprise. Joris Wille est un ingénieur, titulaire d’un MBA.

Il voit ses business angels comme des semeurs financiers : " Avec nos fonds propres, nous ne pouvions que démarrer l’entreprise pour démontrer le potentiel du logiciel. Nous avons rapidement eu besoin d’aide. Au début, la liste de leurs conditions nous a un peu effrayés, même si neuf financiers sur dix demandent la même chose. Ils attendent une transparence totale, mais ils sont flexibles en termes de reporting. Il y a une clause de sortie dans leur contrat, mais mes business angels non pas l’intention d’y recourir rapidement. "

" Ils vous laissent développer votre affaire et vous donnent un coup de main. Les business angels nous ont incités à repositionner totalement l’entreprise et les produits. D’un logiciel de planification budgétaire et de gestion de l’énergie pour le grand public, nous sommes passés à des logiciels destinés aux patients en traitement. Aujourd’hui, notre plateforme aide dans le suivi quotidien de leur état de santé les personnes qui souffrent de maladies chroniques. Je cède un peu d’autonomie aux investisseurs, mais je reste actionnaire majoritaire. Leurs réseaux m’ont également mis sur la voie de ressources supplémentaire par le biais du Fonds de participation fédéral. "

Développement

Aujourd’hui, un nombre assez important d’ex-entrepreneurs investissent dans des starters et des entreprises de croissance prometteurs. " Les business angels injectent entre 25.000 et 500.000 euros. Mais ce n’est pas une de leurs caractéristiques fondamentales. En revanche, tous aident à trouver de nouveaux marchés ", constate Reginald Vossen, directeur du réseau flamand de business angels (BAN). " Le business angel travaille au développement de l’entreprise. Il doit s’entendre avec l’entrepreneur, mais il préfère placer son argent dans une équipe performante que dans un one-man-show.

La PME doit également demander le montant adéquat. Celui qui demande beaucoup d’argent sans raison et se rémunère généreusement ne trouvera pas preneur. Le business angel travaille par stades et libère une tranche de financement chaque fois qu’un objectif a été atteint. Vous devez également introduire votre demande à temps : il faut compter entre trois et six mois pour mener à bien les négociations et signer l’accord d’investissement. "

Celui qui recherche de capitaux peut présenter son business case à un groupe d’investisseurs potentiels par le biais du BAN, qui l’aidera à préparer sa candidature. " Tout d’abord, un coordinateur étudiera avec lui la pertinence d’un BA (business angels). Quel est le type d’investisseur le plus adapté ? La PME doit être ouverte à un soutien extérieur. Souvent, les starters sont très qualifiées sur le plan technique, mais ont besoin d’aide dans la commercialisation de leurs innovations ou la mise sur pied d’organisations et de structures à même de soutenir leur croissance ", affirme encore Reginald Vossen. Les BA ne sont pas faits pour les petits commerces ou pour des montants élevés.

" L’investissement total peut atteindre 1,5 million d’euros, mais alors, c’est dans le cadre d’un fonds d’investissement. Outre le BA, celuici comprendra, par exemple, un prêt subordonné, le Prêt BA-Plus du Fonds de participation, plus une aide à l’innovation de l’IWT. Le BA constitue alors un élément du mix de financement. " BAN Vlaanderen dispose de deal makers qui aident à mettre sur pied le mix idéal. Le business angel est presque toujours actionnaire ou dispose d’un prêt convertible en actions. " Il veut également profiter de la croissance, mais ne recherche pas le contrôle complet. Généralement, il devient actionnaire de référence, afin de pouvoir participer à l’orientation stratégique de l’entreprise. "

Réputation et implication

Les PME dont l’appétit financier est plus grand trouveront leur salut auprès d’une société d’investissement. " Nous créons certains types de médicaments de A à Z, en assurant la totalité du développement. Mais nous ne les commercialisations pas, car notre taille ne nous le permet pas ", explique Bernard Coulie, CEO d’Actogenix, une spinoff de l’Institut flamand pour la Biotechnologie. Actogenix s’est rapidement engagée avec la GIMV, un fonds de capital-risque français et deux fonds néerlandais. Rudi Mariën y a également injecté des capitaux, il y a quelques années.

L’entreprise avait ainsi collecté quelque 20 millions d’euros dès 2007. Le compteur affiche à présent 35,5 millions d’euros. " Nous créons une plateforme unique. Notre technologie peut représenter un énorme bond en avant. Nous transformons génétiquement des bactéries alimentaires pour en faire des médicaments. La bactérie lyophilisée est libérée avec efficacité dans le corps, exactement là où se trouve le problème. De tels médicaments seront beaucoup moins chers ", explique le chef d’entreprise. " Les recherches sont proches du but pour un premier médicament Actogenix.

D’autres sont moins avancées, mais nous poursuivons nos travaux. La GIMV est un investisseur qui a une vision à long terme. De ce côté-là, nous sommes donc parés. Sa réputation a attiré d’autres financiers. À présent, nous suscitons l’intérêt de bailleurs de fonds internationaux, parfois même de groupes pharmaceutiques ", poursuit Bernard Coulie. Il voit encore un grand avantage à une société d’investissement. " La GIMV est un administrateur très impliqué. Nous avons des contacts intenses deux à trois fois par semaine. Elle suit de près notre stratégie et son équipe juridique comme ses experts financiers apportent une aide très concrète. "

Investisseur cherche innovation

Le fait que la GIMV investisse dans un projet très innovant est relativement logique pour son CEO, Koen Dejonckheere. " L’innovation est une exigence absolue pour que nous décidions d’investir. Elle est indispensable pour continuer à réussir, mais il faut également oser remettre en cause l’innovation et observer les meilleures pratiques, notamment pour innover dans les processus aussi. Avant de nous engager, nous voulons connaître la valeur précise de l’innovation. Les collaborateurs ont-ils les compétences, l’attitude et l’ambition requises pour aligner le produit sur le marché ? Dans quel trajet de croissance l’innovation s’inscrit-elle ? Vous devez imaginer l’imagination, la développer, la tester, la faire adopter par des acteurs de référence sur votre marché, sans oublier de travailler à l’échelle adéquate. "

Dejonckheere veut être certain que l’entreprise adopte une organisation réaliste face au marché. " Par expérience, nous savons qu’une innovation n’échoue pas pour des questions de technologie, mais d’un modèle économique défaillant. En interne, la culture et l’organisation de l’entreprise doivent être performantes. En externe, l’entreprise doit bénéficier d’un support durable de clients et d’autres parties intéressées. " Des exigences qui ne sont pas toujours aisées à réunir pour une entreprise relativement petite. Koen Dejonckheere aime qualifier la GIMV de constructeur de leaders. " Il n’est pas rare que la technologie de rupture fasse ou défasse une entreprise.

En cas de percée, le développement peut être très rapide. Nous restons étroitement impliqués pour maintenir le cap. Souvent, cela exige des réorientations, parfois des changements radicaux. L’essentiel est de rester honnête dans ses évaluations et d’éviter tout laxisme. La GIMV répartit un financement en plusieurs phases, en concertation avec les autres financiers, les administrateurs, le management et les collaborateurs en charge des innovations. Nous nous engageons pour l’ensemble du trajet, mais nous le finançons par étape. "

L’apport d’un partenaire comme la GIMV devra être combiné à des formes de financement qui n’affaiblissent pas l’actionnariat du propriétaire, comme une aide à la technologie ou des prêts bancaires. " Nous proposons des formules hybrides. Vous pouvez combiner un prêt assorti d’une rémunération liée aux résultats et une participation minoritaire que vous pouvez racheter. Nous avons des financements mezzanine, avec des prêts subordonnés ou des obligations convertibles. Mais quel que soit l’instrument utilisé, l’accent reste placé sur le long terme. 

CONSEILS Du point de vue de  

une PME qui travaille avec des business angels

  • Au-delà du financement, recherchez également une plus-value pour vos points faibles.
  • Utilisez les business angels et leurs réseaux pour trouver d’autres financements.

un réseau de business angels

  • Une des caractéristiques du business angel est qu’il apporte une aide concrète au niveau de l’activité.
  • Voyez cet apport comme un élément du mix de financement.

une PME qui s’est engagée avec un gros investisseur

  • L’engagement de l’investisseur sera axé sur le long terme et intense, si possible.
  • Utilisez sa réputation pour attirer d’autres investisseurs.

la société d’investissement

  • L’innovation est primordiale. Elle vient des compétences, des attitudes et de l’ambition de l’entreprise, mais aussi de l’adéquation entre le produit et le marché.
  • L’investisseur reste étroitement impliqué pour maintenir l’entreprise sur la bonne voie. Le cas échéant, il l’aidera à se réorienter, voire à changer de cap. 

 

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