Le procès de Salah Abdeslam sera l'un des plus sécurisés de l'histoire

©Mediafin

Les abords du palais de justice de Bruxelles seront interdits aux voitures et les contrôles seront drastiques, alors que l’Ocam maintient son niveau d’alerte terroriste à trois sur une échelle de quatre.

Jeudi soir, la plupart des décideurs du monde judiciaire belge se sont réunis pour évoquer le procès de Salah Abdeslam et Sofien Ayari, jugés du 18 au 21 décembre à Bruxelles, dans le cadre de l’affaire de la fusillade de la rue du Dries, prélude aux attentats du 22 mars 2016. Les premiers éléments qui ont filtré laissent à penser que ce procès sera l’un des plus sécurisés que la Belgique n’ait jamais connu. Et une grande répétition avant les procès de Mehdi Nemmouche et des attentats de Bruxelles.

Informé régulièrement par de nombreuses alertes plus ou moins crédibles, l’Ocam (Organe de coordination pour l’analyse de la menace) a maintenu son niveau de menace générale à 3 sur un total de 4, ce qui reste très élevé. Ce qui a poussé la police à mettre en place des conditions peut-être jamais vues jusqu’ici. "C’est probablement l’un des procès les plus sécurisés qu’ait eu à connaître la Belgique", consent à observer le porte-parole du parquet fédéral, Eric Van der Sijpt.

Les militaires en rue jusqu’en janvier

La réunion a notamment rassemblé le président du tribunal de première instance, Luc Hennart, le premier président de la cour de cassation Jean de Codt, le procureur général Johan Delmulle, le parquet fédéral et la zone de police Bruxelles-Capitale Ixelles, chargée de la sécurisation du palais de justice. C’est à la demande de cette dernière que les conditions d’entrée au palais de la place Poelaert seront des plus drastiques, pendant le procès Abdeslam.

Hier, le gouvernement, sur proposition des ministres de l’Intérieur et de la Défense, a approuvé la poursuite du déploiement de 1.000 militaires en rue, en renfort de la police fédérale, jusqu’au 2 janvier. La décision fait suite au maintien par l’Ocam du niveau d’alerte terroriste à trois sur une échelle de quatre, le 21 novembre. "On oublie que ça fait des mois que l’on est au niveau 3. Tous les jours, des informations en matière de terrorisme sont obtenues, vérifiées et contrôlées", précise une autre source judiciaire.

"Ça va être un bordel incroyable."
Luc Hennart
président du tribunal de première instance de Bruxelles

Vétuste bien que prestigieux, le palais Poelaert n’offre pas toutes les garanties de sécurité, ce qui pousse les autorités à ordonner sa sécurisation de la manière la plus stricte qui soit. Selon nos informations, une seule entrée sera ouverte pour tout l’édifice, l’un des plus grands bâtiments publics au monde. Alors que le personnel, les magistrats et les avocats peuvent y entrer sur simple présentation d’une carte, ils devront passer par un scanstraat renforcé, ainsi que le reste du public. Les portes du palais ne s’ouvriront qu’à partir de 8 heures. Alors que les audiences du procès Abdeslam débutent à 8h45. Il apparaît d’ores et déjà clair que les 2.000 personnes qui entrent quotidiennement au palais ne pourront être contrôlées en 45 minutes. Grosse tension à prévoir. "ça va être un bordel incroyable", soupire une source judiciaire. "Les services de police décident, sur la base d’informations, ce qu’ils veulent faire et considèrent qu’il y a lieu à un contrôle général pour tout le monde. On fera avec", indique Luc Hennart, qui entend que le procès soit filmé et retransmis à destination de la presse, dans la salle solennelle de la cour d’appel.

Les voitures interdites

Par ailleurs, toutes les voitures seront interdites tout autour du palais, soit dans la rue aux Laines, sur la place Poelaert, sur les parkings qui entourent l’édifice, ainsi que dans la rampe menant au quartier des Marolles. Le procès en lui-même se tiendra dans l’habituelle salle dévolue aux procès pour terrorisme, au sous-sol du bâtiment. Il s’agit de la salle la plus adaptée car elle permet un meilleur accès des détenus à la salle d’audience, sans avoir à traverser un immense labyrinthe.

"C’est probablement l’un des procès les plus sécurisés qu’ait eu à connaître la Belgique."
Eric Van der Sijpt
porte-parole du parquet fédéral

Salah Abdeslam et son complice présumé Sofien Ayari seront jugés pendant quatre jours pour "tentative d’assassinat dans un contexte terroriste" et port d’armes. Le 15 mars 2016, neuf policiers de l’équipe commune d’enquête franco-belge sur les attentats du 13 novembre 2015 à Paris avaient perquisitionné dans l’appartement du premier étage du numéro 60, rue du Dries. Les policiers avaient été accueillis avec une rafale de kalachnikov. La fusillade s’est achevée au bout de quatre heures par la mort de Mohamed Belkaïd, membre important de l’Etat islamique, la fuite de Salah Abdeslam et Sofien Ayari, et des blessures pour quatre policiers.

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content