Bruxelles 2010, pour le meilleur... ou pour le pire

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Le 88ème Salon de l’auto se dévoile à la presse ce matin. Top ou flop, il aura une influence sur un marché qui survit vaille que vaille.

Vous prenez la quatrième allée à droite. Vous passez les 4X4... Tout au bout, vous tombez sur les petites citadines. Depuis un mois, de nombreux spots radios nous l’annoncent : le 88ème Salon Auto & Moto de Bruxelles est prêt à ouvrir ses portes. L’événement débute ce mercredi par la traditionnelle journée presse. Il s’agit déjà d’une réussite. En ces temps de disette et de budgets réduits, Bruxelles parvient à réunir 99% du marché. Seuls le chinois SsangYong (267 ventes chez nous en 2009) et quelques constructeurs grand luxe comme Bentley ou Corvette manquent finalement à l’appel.

Faire du chiffre

"Sur les stands et dans les concessions, tout le monde est sur le pied de guerre ; prêt à faire du chiffre durant 10 jours", concèdent la plupart des distributeurs et importateurs belges.

C’est que l’enjeu est énorme. Considéré comme un Salon de ventes, Bruxelles peut contribuer pour 30% aux ventes annuelles du groupe qui expose.

Au sortir d’une année 2009 riche en turbulences - le marché a finalement chuté de 11 % par rapport à 2008 -, le calcul est vite fait. "Si le consommateur confirme ses envies de dépenses, Bruxelles 2010 peut être l’impulsion que recherche le secteur. La saisonnalité est bonne !", précise-t-on du côté des organisateurs, la Febiac.

Englué depuis quinze mois dans la crise, le marché a livré ses tendances. Ne profitant pas comme les pays voisins de réelles primes à la casse, la Belgique aurait pu voir ses volumes de ventes se réduire bien plus qu’ils ne l’ont fait. Pour que leurs lignes d’assemblage continuent à tourner de manière raisonnable sans que les stocks ne s’accumulent dans les réseaux de ventes, les constructeurs n’ont cependant pas attendu janvier pour faire les soldes... "Si on ajoute aux prix cassés, le fait que le consommateur a aujourd’hui tendance à se diriger vers des modèles plus compacts, les marges de nos distributeurs ont pris sur les douze derniers mois un sérieux coup", note Éric Desomer, expert automobile chez Deloitte.

Fiat, Renault, BMW confirment avoir dû se serrer la ceinture (lire ci-dessous).

Le Salon peut-il aider le marché à retrouver un seuil de rentabilité plus adéquat ?

"Tout indique que les États-Unis ont vécu leur crise. Mais pour l’Europe, 2010 pourrait être pire que 2009. La Belgique ne devrait pas vivre avec une gueule de bois aussi intense que la France qui va devoir sortir de son régime de prime à la casse. Mais les incitants verts du fédéral ont boosté les ventes de petites voitures. Malgré la tenue du Salon, les volumes de nos distributeurs pourraient encore chuter de 5% cette année", poursuit Éric Desomer, étude à la main.

Une analyse qui ne vaut pas nécessairement pour les distributeurs Premium. "Mercedes, BMW ont particulièrement souffert en 2009. Le consommateur haut de gamme pourrait se laisser convaincre par de belles conditions au Salon".

François Bailly

 

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