Pourquoi l'essence prend le dessus sur le diesel

AFP ©AFP

486.065 voitures neuves ont été immatriculées en Belgique en 2013. Une stabilité des ventes qui cache une forte évolution des achats du Belge, tant en termes de carburant que de modèles.

Selon les statistiques de la Fédération belge de l’automobile et du cycle, 486.065 véhicules neufs se sont vendus l’an dernier sur le territoire belge. Un bilan en très faible recul (-0,14%) puisque 486.737 voitures avaient trouvé acquéreur en 2012.

"On est loin du crash redouté par certains au printemps, avec des volumes en chute de 11,4% en mars juste après les commandes du Salon, souligne un expert du secteur. "Même si cette stabilité s’est aussi monnayée à l’aide de belles ristournes et d’actions promotionnelles en tout genre", ajoute-t-il.

À quelques jours de la réouverture du grand show du Heysel pour son édition 2014, année de "Grand Salon", plusieurs tendances se dégagent.

Elles démontrent une forte évolution du marché, dictée par la loi du portefeuille et les "goûts du jour" auxquels les marques tentent de raccrocher leurs ventes.

1. Le particulier est passé à l’essence

Le Belge n’en démord pas. Il continue de rouler majoritairement au diesel: 65% des choix de carburants. Cette statistique est néanmoins biaisée par les voitures d’entreprises. Les grosses cylindrées diesel favorisées dans les flottes (174.855) et privilégiées par les indépendants (10.214) pèsent de tout leur poids dans le décompte final.

En isolant les ventes au particulier, la demande en voitures essence (117.664 immatriculations) a ainsi dépassé, en 2013, celle du diesel (114.218). L’essence, sur ce marché, s’approprie 50,2% des volumes. Une performance inédite tant le diesel régnait encore en maître ces dernières années. Il s’accaparait toujours l’an dernier 52% des achats privés, 65% en 2011!

2. SUV et "faux" 4x4 ont le vent en poupe

Question "look" et "habitacle", le conducteur belge reste attiré par les "breaks" et la bonne vieille voiture familiale, deux catégories qui comptent toujours respectivement pour 18% et 38% des ventes en neuf.

129.320 citadines et petites urbaines écoulées nationalement en 2013. Si la densité du trafic induit une réduction de la taille des voitures circulant en ville, la mode est, en Belgique, d’abord aux minis "SUV" et 4X4 citadins.

Propulsé par la Hyundai iX35 (7.491 unités) et la Nissan Juke (4.095), le segment s’est offert l’an dernier 18% du marché, contre 15,5% en 2013. Le Monospace, malgré les performances du Renault Scenic (12.964 ventes), perd lui en attractivité avec 67.411 immatriculations dans l’ensemble.

3. Le "haut de gamme" carbure toujours

Et non, l’incertitude qui plane sur l’économie européenne n’a pas calmé l’appétit du Belge pour les belles voitures. Sur un marché stable, Mercedes s’offre une percée de 14,6% (24.414 immatriculations), bien aidée par la commercialisation plus que réussie de la Serie A (6.364 unités vendues).

BMW progresse de 3,8%, pour un nouveau record belge de 31.601 ventes. Les volumes d’Audi ont baissé de 6,5% à 29.305 unités, soit 2.000 ventes de moins. Au classement des marques, l’enseigne se maintient néanmoins devant des constructeurs tels que Ford (25.624) ou Toyota (17.301).

4. Dacia et le low cost explosent

Le constat est d’ailleurs général. Citroën (-9,1%), Opel (-6,2%) et même VW dans une moindre mesure (-3,9%),… toutes les marques "grand public" souffrent sur un marché automobile devenu de plus en plus bipolaire: écartelé entre une demande soutenue pour les modèles plus luxueux des Allemands et le boom du low cost.

Ainsi, aucun constructeur n’affiche en Belgique, pour 2013, de meilleurs chiffres que Dacia: 16.034 ventes réussies (dont plus de 6.000 Sandero et 4.000 Duster) et une progression de 29,9% des affaires.

Seule Mazda égalise la filiale roumaine de Renault en terme de progression (+ 29,9%), mais ses volumes restent moindres (4.122 véhicules vendus).

Dacia est suivie de près par une autre enseigne qui cultive l’image du rapport "qualité-prix": Hyundai (+ 27,34%), nouvel entrant au top dix des meilleures ventes avec 18.600 immatriculations enregistrées sur l’année 2013.

5. Demande "stable", aussi 2014?

La Fédération belge de l’automobile, qui tablait sur une stabilisation des ventes en 2013, réitère ses prévisions pour l’exercice qui vient de commencer. Elle s’attend à un marché de l’automobile neuve qui oscillera autour des 490.000 unités.

"Il pourrait légèrement progresser", souligne son porte-parole Christophe Dubon. Tout dépendra de l’accélération ou non "du remplacement des voitures immatriculées par les entreprises".

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés