Le groupe Moorkens rêve d'importer des marques chinoises

©Thomas De Boever

Alcomotive, la filiale d’importation de véhicules du groupe Alcopa (Moorkens), rêve d’importer d’autres marques. La société a fusionné ses activités deux-roues et quatre roues et est désormais présente sur 8 marchés européens. Alcomotive peut faire valoir son succès avec Hyundai sur la Belgique et la Suisse. Mais aussi son aventure avec SsangYong sur 6 pays, dont l’Allemagne.

La filiale d’importation de véhicules d’Alcopa, Alcomotive, a des ambitions. La société espère attirer de nouvelles marques à importer sur le continent, comme par exemple des marques chinoises ou d’autres pays asiatiques.

Pour y arriver, la société de la galaxie Moorkens veut faire valoir sa belle carte de visite dans l’activité d’importation de véhicules. "On a réussi à faire rentrer Hyundai dans le mainstream. Hyundai est la première marque asiatique en Belgique et on performe mieux que la marque au niveau européen. En même temps, sur cette carte de visite, on a SsangYong. Regardez ce que l’on est capable de faire en 5 ans avec une autre marque. Cette compétence, on l’avait, il y a 35 ans et on l’a encore aujourd’hui", détaille Olivier Deutschmann, CEO d’Alcomotive.

"Avec nos succès sur nos quatre marques et nos huit marchés, on a une belle carte de visite."
Olivier Deutschmann
CEO d’Alcomotive

Présents sur 8 pays

Alcomotive est le nouveau nom de la filiale du groupe qui s’occupe d’importation de véhicules. Alcopa a en effet décidé de fusionner depuis le 1er janvier dernier ses filiales d’importation pour les deux-roues et pour les quatre-roues. Alcomotive importe 45.000 véhicules, principalement sur la Belgique et la Suisse, grâce à la marque Hyundai. La société importe également Suzuki sur le Belux, Isuzu au Benelux et en Pologne, et la marque SsangYong (constructeur sud-coréen appartenant à l’indien Mahindra) dans 6 pays européens, dont l’Allemagne. Le business d’importation de véhicules a été en croissance d’environ 10% en 2016. En deux roues, Alcomotive fait 40.000 "machines" sur 5 pays, dont la France et le Portugal.

"De rapprocher les deux-roues et les quatre-roues nous permet d’être présents sur 8 pays. On a donc déjà une présence dans ces pays en cas de discussion", dit le patron. "On a une crédibilité par les marques que l’on distribue, qui nous permet d’être un candidat très sérieux. On est essentiellement sur des constructeurs non européens qui cherchent à s’implanter, mais ça peut aussi être des constructeurs européens qui cherchent à rebasculer une filiale en importateur. On est aussi très intéressé quand ce sont des marques que l’on a déjà pour des nouveaux pays, mais également pour des marques dans des pays où l’on est déjà", détaille-t-il.

La réussite SsangYong

L’expérience SsangYong a donné faim à la société. Les sociétés étrangères qui veulent s’implanter en Europe peuvent être tentées de chercher des solutions alternatives comme internet ou avoir en propre leur réseau de distribution. "Dans la première phase, quand on arrive sur un marché que l’on ne connaît pas, la solution de l’importateur est privilégiée. SsangYong, pour son retour en Europe, a dû s’implanter sur le marché avec un minimum de ressources. On a amené SsangYong à un niveau élevé en Europe. Maintenant, en dehors de Corée, on est le premier partenaire de la marque"

Des deals sont déjà possibles en 2017 ou en 2018.

Olivier Deutschmann, CEO d'Alcomotive, lors du salon de l'auto. ©Dries Luyten

Alcomotive peut proposer un panel de pays intéressants aux marques asiatiques qui voudraient s’essayer à l’Europe, avec des pays comme la Belgique ou la Suisse pour des marques qui voudraient réaliser des ballons d’essais sur de petits marchés complexes, mais aussi sur un marché de volume comme l’Allemagne, où le groupe est l’un des deux seuls importateurs indépendants présents sur le marché.

À titre d’exemple, le constructeur chinois Lynk & Co a fait sa présentation de lancement en Allemagne à Berlin, alors que la marque sera d’abord lancée en 2017 en Chine avant d’arriver en Europe en 2018.

"La plupart des sièges des constructeurs non européens sont en Allemagne. Le fait d’avoir un réseau de distribution sur place nous permet, du jour au lendemain, d’aller voir 200 concessionnaires pour leur proposer une marque. Le fait que l’on ne soit pas une filiale permet de le faire. Une filiale va difficilement ouvrir son réseau à des marques concurrentes sauf si elles sont extrêmement complémentaires", analyse Olivier Deutschmann.

L’intérêt pour la filiale du groupe Moorkens est également de faire du volume supplémentaire pour faire face à une pression sur les prix de plus en plus élevée dans le secteur. Les voitures sont plus chères à fabriquer. Il y a de plus en plus de technologie de sécurité et de diminution des émissions embarquée au sein des véhicules. Le prix auquel les constructeurs vendent les véhicules aux importateurs est donc plus élevé. Ils n’arrivent pas à le répercuter dans son entièreté dans le prix demandé aux clients. A cette pression sur les marges, il faut donc répondre par du volume.

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