Les sportives de prestige en plein boom en Belgique

©Kristof Vadino

Les ventes de voitures sportives de prestige se portent très bien. Derrière celles-ci, une image de rêve très utile aux marques et à leur promotion.

Pour de plus en plus de Belges, le salon Dream Cars qui ouvre ses portes ce vendredi dans le cadre du Salon de l’Auto n’est plus un condensé de rêves inaccessibles. Les immatriculations de véhicules classés "hypersportifs" par la Fédération belge de l’automobile et du cycle décollent en Belgique. En l’espace de 4 ans, les ventes de ces véhicules ont triplé, alors que les hypersportives ne représentent même pas l’entièreté de la gamme du luxe.

Un segment difficilement définissable tant les constructeurs font de plus en plus dans le haut de gamme toutes catégories. Il est de notoriété publique que le moyen de gamme est de moins en moins la norme et que le marché se divise de plus en plus entre le haut et l’entrée de gamme.

©Mediafin

Cheval au galop

Les Ford Mustang se vendent comme des petits pains en Belgique. ©Photo News

Dans le segment des hypersportives, la Ford Mustang n’est évidemment pas étrangère au phénomène d’explosion des ventes. Depuis que Ford a décidé de commercialiser en nombre le véhicule chez nous, les Mustang se sont vendues comme des petits pains. 924 Mustang ont été immatriculées en 2016. Comme le véhicule est encore assez rare sur nos routes, très emblématique et son prix abordable pour cette catégorie (entre 41.000 et 50.000 euros selon les versions), la Mustang devrait encore avoir de belles années devant elle. Chez Ford, on souriait d’ailleurs en début de Salon en montrant un article de presse dans un journal flamand bien connu où l’on confondait une mustang rouge avec une Ferrari. Le cheval au galop était pris pour un cheval cabré.

Pas de Mustang dans le Salon Dream Cars cependant, mais beaucoup de voitures bien plus chères comme des McLaren, des Rolls Royce, des Ferrari… mais aussi des marques plus confidentielles comme Koenigsegg etc. Autant de voitures qui trouvent une clientèle en Belgique. "Beaucoup de gens achètent des voitures un peu comme de l’art, comme un investissement", dit Christophe Dubon, PR à la Febiac.

"Le marché des voitures sportives fait en général deux fois mieux que le marché automobile."
régis Fricotté
Directeur d’Alpine Europe G9

Le concessionnaire Jean-Michel Martin (BWM) abonde en ce sens. "On peut gagner beaucoup d’argent, mais encore faut-il s’y connaître et avoir du flair. Ce qui est bien avec les voitures, c’est qu’on peut joindre le plaisir d’une belle voiture avec investissement intelligent", dit-il. Une BMW Z8 Alpina achetée il y a 12 ans vaut aujourd’hui trois fois sa valeur d’époque. Un phénomène que l’on retrouve souvent chez les éditions limitées.

"Quand vous achetez une voiture de prestige produite à moins de 1.000 exemplaires, il ne peut en général rien vous arriver", dit Stéphane Sertang CEO du groupe Ginion. Lui-même a déjà vendu des véhicules qui valent plusieurs fois leur valeur initiale ces dernières années.

Un tiers des ventes partent à l’étranger

Les chiffres 2016 officiels ont aussi ce défaut, qu’ils ne prennent pas l’entièreté des ventes effectuées en Belgique pour ce type de véhicules. Stéphane Sertang, qui vend des BMW, Mini, Ferrari et importe des McLaren et des Rolls Royce en Belgique, explique que dans le très haut de gamme, un tiers de ses ventes ne sont pas immatriculées en Belgique. Une fois achetés, ces véhicules sont transportés chez les clients à l’étranger où ils sont immatriculés. à titres d’exemples, 13 McLaren, 19 Rolls Royce, 26 Lotus et 70 Ferrari ont été immatriculées en Belgique en 2016. On peut donc se faire une idée des chiffres réels de ventes chez nous.

La 911 reste une valeur sûre en Belgique ©REUTERS

Des marques comme Porsche font des volumes impressionnants dans notre pays. "Notre flagship, la 911 ou la ‘11’ comme on l’appelle entre ‘Porschiens’, représente encore 19% de nos ventes", explique Bernard van Bellingen, PR Manager de Porsche en Belgique. 573 "911" ont été immatriculées chez nous en 2016. Les ventes des "deux portes", soit les ventes cumulées des 911 et des 718 représentent 30% des ventes de Porsche.

Porsche, avec ses 3.075 véhicules écoulés en Belgique, profite évidemment des ventes de véhicules un peu plus grand public comme la Cayenne, mais aussi de ses nouvelles versions hybrides de plusieurs de ses modèles. "Elles ont un CO2 très bas et ne coûtent que 45 euros de TMC en Flandre", ajoute le PR.

Les Mercedes AMG font également rêver en Belgique. ©Daimler AG

Dans le volet "abordable" des hypersportives on retrouve évidemment les M de BMW et les AMG de Mercedes. "Nous avons une AMG dans chaque segment et nous avons 49% de parts de marchés dans le segment de la Classe S Coupé", nous explique Christophe Vloebergh, porte-parole de Mercedes. La marque compte progresser dans le segment avec ses 5 concessions estampillées "AMG performance center" qui font progresser les ventes.

Le marché des hypersportives ne semble donc pas perdre en importance. "Ce que je vois, c’est que le marché des voitures sportives fait en général deux fois mieux que le marché automobile. Quand le marché automobile progresse de 5%, le marché des sportives fait +10%", estime Régis Fricotté, directeur d’Alpine en Europe. La marque qui renaît au sein du groupe Renault est également présente au sein du salon Dream Cars. Dans sa première édition, 1.955 véhicules de la nouvelle Alpine ont été produits. Ils ont déjà tous trouvé acquéreur. Ils seront livrés fin 2017. La deuxième édition sera écoulée dès 2018 et le patron estime le marché potentiel à quelques milliers de véhicules.

Au-delà des ventes à proprement parler, les "dream cars" des constructeurs participent également au prestige des marques. À côté des Rolls et des Porsche, vous trouverez aussi les versions les plus exclusives et sportives de Nissan et de Mazda.

La nouvelle Alpine. ©Bloomberg

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