D'Ieteren compte vendre 40% de voitures électriques en 2025

©Lieven Van Assche

D’Ieteren Auto estime que les ventes de voitures électriques représenteront plus d’un tiers de ses ventes en 2025. Dès la fin de l’année, la société compte offrir un package avec du solaire et des batteries domestiques. Il n’y a pas que la voiture qui doit être durable, la fiscalité aussi, prévient Denis Gorteman, son CEO.

À l’heure de lancer la journée presse du Salon de l’automobile de ce mercredi, D’Ieteren Auto se projette dans l’avenir. Voitures autonomes, partagées, connectées et électriques, le secteur n’a jamais connu autant de discussions autour de son avenir.

D’Ieteren Auto n’y va pas par quatre chemins. Selon ses prévisions, la société vendra 35 à 40% de voitures électriques en 2025 en Belgique, avec la majeure partie de ces véhicles qui le seront à 100% et pas hybrides. C’est bien plus que l’objectif de Volkswagen qui anticipe des ventes de 20 à 25% pour la même date.

"En Belgique, particulièrement en Flandre et à Bruxelles, on a un kilométrage moyen qui correspond très bien à l’électrique. Nous avons un taux de maisons individuelles très élevé avec des kilométrages moyens quotidiens et un usage urbain relativement élevés", détaille le CEO de D’Ieteren Auto, Denis Gorteman.

Pack solaire et batterie

"Nous ne demandons pas de subsides, mais une fiscalité claire et durable."
Denis Gorteman
CEO de D’Ieteren Auto

L’offre e-Moby de D’Ieteren Finances propose déjà une voiture électrique et un câble intelligent qui permet de faire supporter par l’entreprise la recharge pour les kilomètres à domicile. Le client peut aussi bénéficier pendant 30 jours par an d’une voiture diesel ou essence de la même catégorie.

D’Ieteren ne compte pas s’arrêter là et va mettre sur pied une offre clé sur porte pour le consommateur qui souhaite verdir sa mobilité et son foyer. L’idée est d’associer l’achat d’un véhicule électrique à des panneaux solaires et à une batterie domestique. En discussion avec ses partenaires, D’Ieteren aimerait que cette offre prenne corps d’ici la fin de l’année.

Pas du jour au lendemain

©BELGA

Dans le même temps, D’Ieteren prévient. 35% à 40% de véhicules électriques, cela signifie 60% à 65% de voitures vendues, même en 2025, qui seront diesel, essence ou au gaz naturel.

Denis Gorteman déplore que certains politiciens se comportent comme si toutes les voitures allaient être rapidement électriques, ce qui sera impossible. "Il faut donc avoir un dialogue plus ouvert et visionnaire avec les pouvoirs publics. Pour arriver à 35-40% de voitures électriques, il faut investir dans le secteur énergétique et avoir un environnement fiscal qui rassure la clientèle. On n’achète pas une voiture pour 6 ou 12 mois. Les entreprises, qui seront les premières à se diriger vers l’électrique, achètent leurs voitures pour 4 ans et les particuliers pour 7 ou 8 ans", détaille Denis Gorteman.

Fiscalité durable

©Mediafin

La voiture rapporte en tout "entre 17 et 18 milliards d’euros aux recettes de l’État, dont 5 milliards proviennent des accises et de la TVA sur le carburant. Notre État a besoin de ces rentrées, insiste Denis Gorteman. Il ne faut pas se voiler la face, à partir du moment où l’on commence à vendre plus de voitures électriques, on ne peut pas les soutenir financièrement. Nous ne sommes pas demandeur de subsides, mais de clarté et de sérénité."

Pour D’Ieteren, sans vision à moyen et long termes, on n’arrivera pas aux objectifs de vente de véhicules électriques des constructeurs. L’idée est donc que tout le secteur et les différents niveaux de pouvoir se mettent autour de la table pour débattre de leur vision de l’avenir des ventes et sur la façon de taxer les voitures. Une discussion qui n’a pas lieu pour le moment, regrette Denis Gorteman. Dans le même temps, des discussions entre les secteurs automobile et énergétique seront aussi plus que nécessaires. Elles n’en sont qu’à leurs balbutiements.

En attendant, les ventes 100% électriques n’ont totalisé que 2.713 unités toutes marques confondues en 2017. La part de VW dans ce classement est basse, avec 135 e-Golf. Lors de ce Salon 2018, ce seront donc encore des ventes très classiques qui seront concrétisées. Les hybrides, de leur côté, gagnent par contre du terrain. "Ça va surtout changer en 2020, lorsque toutes les marques arriveront avec pas mal de nouveaux modèles. L’offre de voitures électriques va avoir un impact fort", insiste Denis Gorteman.

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