"Ceci n'est pas une fronde"

©BELGA

#Grouponsnousetdemain!: ce groupe de plus de quatre-vingts élus et militants socialistes initie un mouvement pour sauver le PS.

Ne dites pas "courant" mais plutôt "initiative horizontale". Ulcérés de voir leur parti sombrer corps et âme, un groupe de mandataires et militants socialistes s’est structuré. Ils sont une quarantaine, essentiellement Bruxellois, mais tentent de recruter côté wallon également pour équilibrer ce mouvement appelé #Grouponsnousetdemain! (en référence au refrain de L’Internationale).

Qui? On trouve dans ses rangs des députés, des militants, des techniciens ou encore des échevins et conseillers communauxentre autres, Baptiste Delhauteur (le directeur de cabinet adjoint du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort), Stéphane Crusnière, député fédéral, Patrick Prévot et Anne Lambelin (députés wallons), Grégor Chapelle (le patron d’Actiris), Julien Uyttendaele (député bruxellois), Fatiha Saidi, échevine à Evere, Benjamin Cadranel (CityDev), Christophe Soil (Bureau bruxellois du plan), Stéphane Laloux (FGTB), etc. D’autres noms devraient suivre et être annoncés officiellement sous peu entre autres via les réseaux sociaux.

"Nous n’avons pas de ligne putschiste."

Les membres du groupe excluent explicitement les ministres et ex-ministres socialistes afin d’éviter de retomber dans un rapport vertical – ils ont par exemple déjà refusé un ancien ministre fédéral.

Plus rouge, plus vert, plus horizontal

"Un Parti socialiste plus rouge, plus vert et plus horizontal." En clair, leur texte fondateur prône un PS combattant davantage les différentes inégalités et discriminations, plus radical dans la lutte contre la pauvreté et les disparités. Ils demandent un PS combattant plus ardemment le réchauffement climatique. "Mais pas avec les dogmatismes qu’on voit parfois chez les bobos fortunés", glisse un signataire.

Pour nous, c’est acquis, un homme, un mandat exécutif.

Enfin, ils veulent un PS plus "horizontal". C’est dans l’air du temps. "Nous voulons un Parti socialiste où les militants retrouvent leur place pleine et entière", dit un signataire. "On dit à tout ceux qui sont dégoûtés et qui sont tentés de partir en claquant la porte, restez, nous allons nous battre ensemble et nous allons changer le PS de l’intérieur", explique un autre fondateur de ce mouvement. "On veut revivifier le débat interne et en revenir aux fondamentaux."

Les signataires refusent de s’inscrire dans un mouvement hostile au président Di Rupo ou à Laurette Onkelinx, les deux personnalités contestées actuellement au Parti socialiste. "C’est très clair, nous n’avons pas de ligne putschiste, nous sommes complémentaires du parti et non pas en opposition au parti." De même, ils refusent d’être perçus comme une rampe de lancement pour celui qu’on annonce comme le futur président: Paul Magnette. "Ce n’est pas l’idée", assure l’un d’entre eux. Un autre: "Non, d’ailleurs, il n’a pas du tout été associé à cette démarche."

Sur la gouvernance stricto sensu, la question du décumul intégral n’est même plus une question: "Pour nous, c’est acquis, un homme, un mandat exécutif."

Redorer le blason ?

Le courant #Grouponsnousetdemain! veut peser sur les rapports internes au Parti socialistes. "Nous nous rendons bien compte de la colère des militants, on veut éviter l’exode et on soutient une dynamique de réforme à l’intérieur du Parti socialiste." Le 2 juillet prochain, le PS doit tenir un congrès statutaire sur le décumul intégral des mandats.

Et vogue la galère. Ce courant peut-il redorer le blason socialiste? à voir. En France, la multiplication des courants a sonné le glas du PS – en ira-t-il autrement en Belgique? Le PS est harcelé, pris en tenaille par l’extrême gauche et les écologistes, les affaires de mauvaise gouvernance n’en finissent plus de le plomber et ses deux grandes figures de proue historique sont démonétisées. Et la campagne électorale pour le scrutin communal est à nos portes.

Lire également

Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content