Un vent de fronde se lève au PS contre Laurette Onkelinx

©Photo News

Des responsables wallons du PS critiquent la légèreté des Bruxellois sur la gouvernance. "Le parti est en ébullition", témoigne un ministre. Des socialistes bruxellois jugent les mesures de Laurette Onkelinx insuffisantes.

Les grandes manœuvres sont en route au Parti socialiste. Invité au JT de la RTBF hier soir, Paul Magnette a appelé à une réaction "extrêmement forte" face aux affaires à répétition qui touchent le parti. Le ministre-président wallon veut que la question du décumul intégral soit tranchée avant les vacances parlementaires. Elio Di Rupo a évoqué, de son côté, la mise en place d’un congrès extraordinaire statutaire sur le décumul le 2 juillet prochain.

L’affaire du Samusocial à Bruxelles agit comme un révélateur des tensions internes au PS: des responsables wallons du parti jugent, en effet, que la fédération bruxelloise montre beaucoup de légèreté dans sa manière de gérer la gouvernance. Et ne se prive pas pour mettre en cause sa patronne Laurette Onkelinx.

"L’affaire Publifin date de décembre dernier", peste un responsable wallon, "les Bruxellois avaient tout le temps de remettre les choses en ordre et nettoyer les différentes structures, rien n’a été fait, ils ont simplement attendu de se faire prendre la main dans le sac et on doit tous aujourd’hui en payer les pots cassés".

Un autre: "on a tapé, tapé et encore tapé sur les Liégeois – j’entends encore Laurette Onkelinx nous faire la morale – et on voit que ce n’est pas plus glorieux à Bruxelles qu’ à Liège ou à Charleroi".

Au-delà du mécontentement wallon, à Bruxelles, aussi, au sein-même de la fédération bruxelloise du Parti socialiste, des grondements se font entendre.

"Beaucoup trop cosmétique!"

Ce mercredi, la fédération PS doit, sous la houlette de Laurette Onkelinx, anticiper quelques mesures de gouvernance, entre autres au niveau de la publication des mandats publics et privés. "Cela reste beaucoup trop cosmétique!", s’agace un responsable bruxellois. "Que faut-il pour qu’on se décide à vraiment tout nettoyer? On va encore donner l’impression que c’est le copinage, une petite bande qui essaye de se couvrir", poursuit la même source – très remontée. A voir si Laurette Onkelinx peut/veut aller plus loin. "De toute manière", souffle encore un Bruxellois, "il suffit d’une étincelle et toute la fédération bruxelloise va s’embraser".

Reste que la présidente de la fédération, qui n’a pas donné suite aux appels de L’Echo, conserve (encore) quelques supporters. "Il faut arrêter de vouloir lui mettre tous les maux du monde sur le dos", expose un baron bruxellois. "Elle n’a pris la fédération en mains que récemment. Si système il y a, et je ne pense pas qu’il y en ait un, ce n’est pas sa responsabilité", veut croire ce supporter de Laurette Onkelinx.

"Il suffit d’une étincelle et toute la fédération PS bruxelloise va s’embraser."
un responsable

Autant l’écrire, cette voie-là devient de plus en plus difficilement audible au Parti socialiste. La Flandre est déchaînée et exhume les dossiers de mauvaise gouvernance – pas toujours de manière très adroite – et Ecolo et PTB n’ont qu’à se baisser pour compter les points. "On n’a même plus à taper", sourit un élu du PTB. "Le PS se met lui-même dans le trou".

Et le trou va continuer à s’approfondir. Avec une commission parlementaire ce mercredi, avec une commission d’enquête parlementaire qui doit être lancée et discutée vendredi au Parlement bruxellois. Et avec une Justice bruxelloise qui a décidé de ne pas lâcher l’os qu’on vient de lui donner. Ainsi est-ce la police judiciaire bruxelloise qui est en charge du dossier Mayeur/Peraïta/Samusocial et elle est fermement décidée à avancer.

Instruction

La Justice bruxelloise a décidé de transformer l’information judiciaire ouverte au sujet de l’affaire du Samusocial de Bruxelles-Ville en instruction judiciaire.

Selon nos informations, la juge d’instruction bruxelloise Laurence Heusghem s’est autosaisie du dossier. C’est la multiplication des devoirs d’enquête en cours et à venir qui a conduit la juge à choisir cette option. Mardi, en effet, des perquisitions avaient été diligentées au siège du Samusocial et du CPAS de la Ville de Bruxelles.

Les devoirs d’enquête dans une affaire potentiellement assez large étant nombreux, il était peu pratique de multiplier les "mini-instructions": c’est donc la voie de l’instruction classique qui a été choisie.

Cette voie, dit-on sous couvert d’anonymat, a été choisie en bonne intelligence avec le parquet de Bruxelles, auprès de qui le dossier reviendra en fin d’instruction. Contacté, le parquet de Bruxelles se refuse à tout commentaire sur le dossier.

Lire également

Contenu sponsorisé

Partner content