Verbist renonce à céder Veviba à Bastogne

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Le groupe Verbist, gestionnaire de l'abattoir Veviba à Bastogne, ne veut plus vendre. Il dénonce les agissements du Ministre Ducarme à son égard et annonce que désormais, la quête de solutions pour ses sociétés wallonnes ne repose plus que sur lui.

Le Groupe Verbist ne veut plus vendre, selon nos informations, les activités de Veviba à Bastogne. Verbist affirme, de son côté, que les négociations auraient échoué avec les différents candidats à une reprise de ces activités. Ce qui justifierait sa décision de continuer d’opérer en solo l’abattoir tant décrié. 

Selon plusieurs sources concordantes, le groupe aurait décidé lui-même de renoncer à chercher un repreneur.

"Avec tous les candidats potentiels valables, la Sogepa et le Groupe Verbist ont mené des discussions et fourni un maximum d’informations pour augmenter les chances de succès du processus de vente. Les demandes répétées de veiller au transfert des entreprises wallonnes du groupe Verbist aussi à des acteurs économiques wallons n’ont finalement pas pu être réalisées, au-delà de la volonté du groupe", argumente Verbist. 

 Mais selon plusieurs sources concordantes, le groupe aurait décidé lui-même de renoncer à chercher un repreneur. 

Pas de sauveur wallon

C'est ce lundi que le groupe Verbist a choisi de sortir de sa réserve. Dans un communiqué de six pages, le gestionnaire de notamment l’abattoir Veviba de Bastogne, épinglé au début de l’année pour des étiquettes falsifiées et des exportations de viande frauduleuses, parle d’un "tumulte hystérique" à son égard. Mais au-delà du coup de gueule, c’est un énième rebondissement dans ce dossier qu’annonce Verbist.

Faute de repreneur, le groupe également propriétaire des abattoirs Lanciers à Rochefort, annonce qu’il tentera d’assurer lui-même l’avenir de ses sociétés wallonnes.

Verbist confirme avoir travaillé avec la Région wallonne, via la Sogepa (bras financier de la Région wallonne), à la sécurisation de ses activités en Wallonie, mais sans succès. "Avec tous les candidats potentiels valables, Sogepa et le Groupe Verbist ont mené des discussions et fourni un maximum d’informations pour augmenter les chances de succès du processus de vente. Les demandes répétées de veiller au transfert des entreprises wallonnes du groupe Verbist (Veviba, AMB et Lanciers) aussi à des acteurs économiques wallons n’ont finalement pas pu être réalisées, au-delà de la volonté du groupe Verbist", argumente le communiqué envoyé lundi soir.

Le groupe œuvrera donc seul et "de manière constructive" à trouver des solutions pour ses abattoirs.

Dans l’intervalle, sa direction assure que le travail des sociétés du groupe sera poursuivi sous le contrôle de l’Afsca. "Toutes ces entreprises répondaient et répondent aux normes les plus sévères et se sont redressées grâce à leur propre direction et leur personnel infatigable."

(…) "Immédiatement après l’apparition du problème, le Groupe Verbist a travaillé en étroite collaboration avec la Région wallonne à travers la Sogepa pour sécuriser les activités. En collaboration avec Sogepa, des managers qualifiés ont d’abord été recrutés et le Groupe Verbist conserve toute sa confiance en leurs capacités", se défend encore Verbist.

Une trentaine d’opérateurs s’étaient manifestés, déposant offre, pour une reprise des activités des abattoirs Veviba et Lanciers, suite au scandale dans lequel s’était vu emporté Verbist. Ce scénario d’une reprise était notamment privilégié pour pérenniser l’emploi et assurer que les clients qui ont tourné le dos à Verbist reviennent pour assurer l’avenir des affaires à Bastogne.

À l’issue d’un premier tour, une majorité d’entre eux étaient restés sur le carreau. Il ne restait, selon nos informations, plus qu’une grosse demi-douzaine de candidats sérieux en lice. Parmi les Belges: la Coopérative des éleveurs de Wallonie (CEW), cette société constituée pour l’occasion, à ce stade, par onze éleveurs du sud du pays avec le concours actif de la Fédération wallonne de l’agriculture (FWA).

Et maintenant?

Selon le groupe Verbist, il n’y a jamais eu de commercialisation interdite de viande. La marchandise qui se trouve dans l’installation de surgélation est "de qualité".

Ses ouvriers de Bastogne ont "toujours opéré conformément aux directives des contrôleurs de l’Afsca dans l’abattoir. (…) Jamais la qualité de la viande n’a fait l’objet de soupçons". Veviba n’a "jamais vendu aux consommateurs de la viande qui n’était pas destinée à la consommation humaine".

Reste à voir si la grande distribution (Delhaize en tête) avalera ces arguments et repassera commande auprès de Veviba.

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