Veviba change de nom, voici Anlofia

C’est sous la double enseigne d’Anlofia et de Qualibeef que la nouvelle direction de Veviba prépare la relance. ©Patrick Hattori

Après avoir rebaptisé la filiale opérationnelle Veviba "Qualibeef", le groupe supprime la dénomination Veviba à l’étage supérieur (holding): ce sera Anlofia. La société Qualibeef doit encore obtenir la certification IFS pour relancer l’outil: la balle est dans le camp de l’auditeur Vinçotte. Après avoir accepté de relever le défi à Qualibeef, les (ex-) managers de crise acceptent de reprendre la gérance du Gibier d’Ardennes.

Après avoir rebaptisé Qualibeef la société Veviba SA, le groupe Verbist vient de changer également le nom de la société faîtière à Bastogne: ce holding qui s’appelait jusqu’ici Groupe Veviba, répondra désormais au nom plus passe-partout d’Anlofia, a-t-on appris à bonne source. Plus passe-partout, parce que Veviba était un acronyme pour Verbist Viande de Bastogne. Le nouveau nom proviendrait de l’assemblage des premières lettres des petits-enfants du fondateur Louis Verbist, nous dit-on. On présume que l’objectif est le même que pour le changement de nom précédent: il s’agit d’améliorer l’image du groupe d’entreprises en faisant disparaître le nom qui fait tache, parce qu’on l’associe aux soupçons de fraude à l’étiquetage et de non-conformité de viandes nés suite aux perquisitions d’un juge d’instruction et à la descente de l’Afsca dans l’entreprise le 28 février dernier.

La structure du groupe se présente dès lors aujourd’hui comme suit: la famille Verbist, représentée par Louis, Diederick et Martine Verbist, contrôle la société financière Anlofia, ex-Groupe Veviba, ex-Verbist Wallonie, qui détient elle-même les filiales opérationnelles AMB (abattoir à Bastogne), Qualibeef (ex-Veviba SA, atelier de découpe à Bastogne), Lanciers (abattoir et découpe à Rochefort), Adriaens (abattoir et découpe à Zottegem), ainsi que Beco (société immobilière également basée à Bastogne).

Audit

Ce changement de dénomination serait-il le signe que les choses se (re) mettent en place à Bastogne? "Il ne nous manque plus que l’IFS, c’est-à-dire l’autorisation d’exploiter", répond Christian Kerkhofs, l’interim manager envoyé par la Sogepa à Bastogne pour gérer la crise et qui, entre-temps, a été nommé administrateur délégué de Qualibeef. "Tant qu’on ne l’a pas obtenue, on ne peut pas refacturer." Les International Featured Standards (IFS) sont des certifications garantissant la sécurité des produits, notamment alimentaires.

"Le défi est toujours de relancer l’outil et l’activité."
christian kerkhofs
CEO de Qualibeef

La société a récupéré depuis un mois et demi, on le sait, l’agrément de l’Afsca; on pensait que cela suffisait pour relancer la machine, mais il apparaît que sans l’IFS, l’entreprise n’est toujours pas en mesure de retravailler normalement. C’est la société Vinçotte qui doit auditer Qualibeef avant de lui décerner le document: ce chantier est en cours, nous dit-on. Autrement dit, le défi du nouveau CEO est toujours "de relancer l’outil et l’activité. Tant que nous n’avons pas l’IFS et que nous n’avons pas récupéré les clients, l’usine restera vide".

Clients à reconquérir

Après un coup de fil passé aux deux principaux groupes de distribution anciennement clients de Veviba/Qualibeef, on mesure le chemin qu’il reste à parcourir avant que l’outil puisse redémarrer à pleine vitesse. Delhaize Belgique n’a pas réévalué le dossier. "Nous ne travaillons plus avec le groupe Verbist, souligne son porte-parole Roel Dekelver. Nous restons sur notre position. Et tant que courra notre action en justice contre le groupe, nous ne ferons plus de déclaration à ce sujet." Delhaize réclame, pour rappel, 6,5 millions d’euros de dédommagements à Veviba/Qualibeef, AMB et Lanciers pour les désagréments qu’il a subis suite à l’éclatement du scandale il y a cinq mois.

De son côté, Colruyt avait suspendu, à la mi-mars, sa collaboration avec les entreprises du Groupe Verbist. "Il était clair qu’on ne partageait pas/plus les mêmes valeurs", indique sa porte-parole Hanne Poppe. Celle-ci ajoute: "Les infrastructures de l’abattoir de Bastogne sont viables. Si le nouvel exploitant est en mesure de fournir les garanties suffisantes, la porte reste ouverte. Mais ces garanties sont cruciales pour nous, pour qu’on puisse prendre des décisions définitives."

Le Gibier d’Ardennes

Une note positive, pour terminer. Le Groupe Verbist exploite aussi la SPRL Le Gibier d’Ardennes. Egalement établie à Bastogne, cette firme dépiaute et découpe le gibier à la saison de chasse, pour produire soit du "prêt à trancher", soit des barquettes de gibier destinées à la vente au détail. Christian Kerkhofs et M. Pestiaux, l’autre manager de crise dépêché in illo tempore par la Sogepa pour redresser la barre bastognarde, se sont vu proposer la gérance du Gibier en plus de leurs fonctions chez Qualibeef et ont accepté de relever le défi. Les chasseurs pourront continuer d’apporter le contenu de leurs gibecières à cette société…

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