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L'Afsca mènera plus de contrôles, l'opposition dénonce le manque de moyens

©BELGA

Le ministre fédéral de l’Agriculture Denis Ducarme a indiqué en commission Santé et Economie que les contrôles de l’Afsca seront renforcés dans les entreprises.

Plus d’un millier de contrôles supplémentaires par trimestre, voilà ce qu’a annoncé le ministre fédéral de l’Agriculture en charge de l’Afsca (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire) Denis Ducarme (MR) en commission Santé et Economie à la Chambre ce mercredi.

Le ministre a demandé à l’Afsca de renforcer ses contrôles inopinés dans les abattoirs, ateliers de découpe et frigos des entreprises du pays. Au total, 106 abattoirs, 479 ateliers de découpe et 478 frigos sont concernés.

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L'opposition juge de son côté les moyens budgétaires de l'agence insuffisants. Ceux-ci sont en baisse de 2014 à 2017, de 108 millions d'euros à 86 millions d'euros. Le budget a diminué entre 2014 et 2016, de 185 millions à 167 millions, tandis que les effectifs sont passés de 1.161 ETP à 1.062 ETP sur la même période, ont déploré Daniel Senesael (PS) et Marco Van Hees (PTB).

Le ministre a défendu le contraire. "Il est faux de dire que les moyens budgétaires de l'agence diminuent. Si l'on prend la dotation et les recettes propres, les moyens de l'agence augmentent: 171 millions en 2015, 167 millions en 2016 et 176 millions en 2017. C'est incontestable", a-t-il indiqué.

"Les recettes propres en augmentation compensent la diminution de la dotation. Il est clair que l'audit va évaluer la nécessité de voir ou non le nombre de contrôleurs, augmenter aux niveaux national et local", a-t-il précisé.

Pour les résultats des audits sur le fonctionnement et les structures de l’Afsca et sa politique de contrôle, il faudra attendre cet été pour avoir les résultats. Suivront alors des réformes qui "soulageront les petits artisans et mettront la pression sur les industriels", a assuré Ducarme.

"L'Afsca est un outil à préserver et à développer", a-t-il précisé. Le ministre estime aussi que l'agence doit être plus proactive et se demande si "les infos contenues dans le procès-verbal initial n'auraient pas du être mieux exploitées par la DG contrôle et fournies aux unités locales de contrôles afin de mener en concertation avec les autorités judiciaires des contrôles approfondis chez Veviba".

Peu de contrôles chez Veviba en 2016 et 2017

Ducarme estime que l'Afsca "aurait dû adapter sa fréquence de contrôles sur l'entreprise Veviba après les faits révélés au Kosovo". En 2016 et 2017, l'atelier de découpe de Veviba a fait l'objet d'une fréquence de contrôles basses, soit un contrôle global et trois de suivi par an. Il existe pourtant un plan moyen (8 contrôles par an) et un plan élevé (16 contrôles par an).

Le ministre de l'Agriculture s'est finalement interrogé sur l'absence d'interdiction d'export des produits incriminés par l'Afsca, et sur la force de l'Unité nationale d'enquête. "Pourquoi n'a-t-elle pas diligenté un contrôle approfondi. L'UNE est-elle assez armée?"

Une réunion aura lieu durant la semaine avec le ministre de la Justice Koen Geens, le collège de procureurs généraux et l'agence "afin de poser les bases d'une meilleure coopération entre autorités judiciaires et administratives". "Il faut que ce soit clair: il n'y a pas eu de laxisme ou de choses laissées au hasard", a déclaré l'administrateur délégué de l'Afsca, Herman Diricks, qui se dit prêt à coopérer aux audits: "L'amélioration continue est notre leitmotiv. Notre objectif est de lutter contre la fraude avec tous les services."


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