La grande distribution ne veut toujours pas de Veviba

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Le fait que le Groupe Verbist ne veuille plus vendre les activités de Veviba à Bastogne ne change pas la donne pour les distributeurs. Colruyt et Delhaize laissent toujours en suspens toute collaboration avec l'abattoir.

Le refus opposé par Louis Verbist à l’idée de vendre ses sites wallons ne changera sans doute rien au choix des groupes de distribution d’aller chercher leur viande ailleurs. Mais le ton incendiaire du courrier envoyé par le patron du groupe flamand propriétaire des abattoirs Veviba en a surpris plus d’un. Et laisse penser que les enseignes seront plutôt enclines à camper sur leurs positions.

Colruyt, qui était client de Bastogne pour les abattages, a suspendu toute collaboration avec les abattoirs du groupe Verbist dès la mi-mars. "Nous suivons de près l’évolution de la situation", dit simplement une porte-parole du groupe de Hal. Qui ne ferme toutefois pas la porte à une reprise des relations commerciales avec Veviba. Mais pas sous la houlette du groupe Verbist.

"Les infrastructures de l’abattoir de Bastogne sont viables. Si le nouvel exploitant est en mesure de fournir les garanties suffisantes, la porte reste ouverte. Mais pour nous, ceci est seulement possible avec une nouvelle équipe de direction", souligne Hanne Poppe, la porte-parole de Colruyt.

Un contentieux judiciaire dans la balance

Chez Delhaize, on est d’autant moins enclin à se montrer bavard – et conciliant – qu’un contentieux judiciaire oppose le groupe aux abattoirs incriminés.

"Il n’y a pas de discussions avec Veviba. Et la situation actuelle ne change rien à l’affaire. Nous restons sur nos positions."
Roel Dekelver
Porte-parole de Delhaize

À la suite du scandale mis au jour par les perquisitions du 28 février dernier, le groupe Ahold Delhaize avait décidé de rediriger ses bêtes vers les abattoirs Derwa, à Jupille, et Hemelaere, à Opwijk, près d’Alost (Flandre-Orientale). Les tâches de découpe qu’il faisait réaliser à Bastogne ont quant à elles été confiées à la société Debaenst, à Mouscron.

Mais le distributeur n’en est pas resté là. Il s’est en effet tourné vers le tribunal de commerce francophone de Bruxelles pour réclamer 6,5 millions d’euros de dédommagement à la société Abattoir et Marché de Bastogne (AMB) et à l’abattoir Lanciers, à Rochefort, appartenant au groupe Verbist. Pour justifier ce dédommagement, Delhaize explique avoir dû retirer et détruire la marchandise, trouver un autre fournisseur et faire face à un dommage à sa réputation.

La riposte des abattoirs incriminés ne s’est pas fait attendre. Ceux-ci réclament eux aussi un dédommagement, estimant avoir été victimes d’une rupture abusive du contrat.

On en est là pour l’instant. Des rumeurs faisant état d’une reprise de dialogue entre Delhaize et Veviba ont filtré, mais elles sont démenties fermement. "Il n’y a pas de discussions avec Veviba, affirme Roel Dekelver, le porte-parole de l’enseigne au lion. Et la situation actuelle ne change rien à l’affaire. Nous restons sur nos positions."

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