analyse

La viande, le produit le plus souvent rappelé par l'Afsca

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En dix ans, l'Afsca a émis 111 rappels pour des problèmes liés à de la viande et de la charcuterie, d'après les données récoltées par L'Echo.

Le scandale Veviba met à nouveau l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) sous le feu des projecteurs. Chaque année, cet organe rappelle des dizaines de produits des étales pour diverses raisons, de la présence d'un corps étranger à un problème d'étiquetage. Ces incidents ne mènent pas forcément à une fermeture d'établissement, comme dans le cas Veviba. Ils n'en restent pas moins intéressants.

61
Problèmes d'étiquettage
En dix ans, l'AFSCA a rappelé 61 produits pour des problèmes d'étiquetage, dont 11 étaient relatifs à la date de péremption.

L'Afsca ne dispose pas de base de données reprenant tous les rappels de produits. Nous l'avons donc reconstituée nous-mêmes, sur base des informations disponibles sur le site web de l'agence.

Sur les 505 rappels émis entre 2008 et 2017, 111 concernent les viandes et charcuteries, ce qui en fait le plus important contingent de rappels (22%). Dans l'écrasante majorité des cas (41%), c'est la présence de salmonelle, avérée ou suspectée, qui est à l'origine du rappel. Suivent la présence de listeria dans un cas sur quatre et la présence de dioxine, dans un cas sur dix. "La listériose peut provoquer des fausses couches et entraîner des séquelles permanentes", explique Jean-Sébastien Walhin, porte-parole de l'Afsca, en insistant sur la nécessité des contrôles effectués en interne par les producteurs.

Notons que la présence de dioxine à la troisième place de ce classement peu enviable s'explique par le grand nombre de rappels lors de la crise de l'hiver 2008-2009. Plus aucun rappel lié à la dioxine n'a été enregistré depuis. 

Après les viandes, ce sont les fromages (11%) et les noix et épices (7%) qui font le plus souvent l'objet d'un rappel.

Toutes catégories d'aliments confondues, c'est également la salmonelle (16%) et la listeria (16%) qui sont les premières causes de rappel, juste avant les erreurs dans l'étiquetage (12%). Dans cette catégorie, près d'un rappel sur cinq est motivé pour un problème relatif à la date de péremption

Chaque année, ce sont une cinquantaine de produits qui sont rappelés des différents réseaux de distribution. A partir de 2014, les rappels pour cause d'allergènes indésirables -une dizaine par an- ont été déplacés dans une catégorie à part, ce qui peut contribuer à expliquer la baisse momentanée du nombre d'avis en 2014 et 2015.

Méthodologie

L’AFSCA ne dispose pas de base de données reprenant tous les rappels d’aliments. Le 09/03/2018, nous avons donc copié les données provenant du site de l’Afsca pour les années 2015 à 2017. Les données pour les années antérieures étaient déjà dans nos archives.

Nous avons ensuite organisé ces données afin de pouvoir en tirer des observations.

Nous avons par exemple regroupé les viandes en une catégorie. Une distinction aurait pu être faite entre viande blanche et rouge. De même, les salades ont été séparées du reste des légumes pour avoir une vue séparée sur ce produit.

Plusieurs avis de différents distributeurs sont parfois publiés pour un même produit provenant d’un producteur. Le nombre total de signalements est donc probablement légèrement surévalué.

De même, depuis 2014, la présence d'allergènes non désirés fait l'objet d'un classement séparé. Les années antérieures à ce changement propre à l'Afsca voient donc probablement leur nombre total de signalement surévalué d'une dizaine d'unités.

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