Veviba doit encore 3,7 millions à la Région wallonne

©Photo News

Le groupe Veviba doit encore quelque millions d’euros à la Région wallonne, qui lui avait prêté 5,5 millions, ainsi que des primes à l’investissement à hauteur de 2,88 millions.

Veviba avait reçu, depuis 2013, 5,5 millions d’euros de prêts de la Sogepa, l’un des bras financiers de la Région wallonne. Et le groupe doit encore rembourser 3,7 millions d’euros, a fait savoir ce mardi Pierre-Yves Jeholet (MR), ministre wallon de l’Economie. Auxquels il faut ajouter 2,88 millions de primes wallonnes à l’investissement dans les entités Veviba, et plus particulièrement pour son site bastognard, depuis 2011, a-t-il aussi indiqué.

Jeholet et le ministre wallon de l’Agriculture René Collin (cdH) sont entendus ce mardi après-midi en commissions conjointes (Economie et Agriculture) du Parlement wallon suite au scandale Veviba, pour débattre "des conséquences du retrait d'agrément de la société Veviba".

> La Fugea, la Fédération unie de groupements d’éleveurs et d’agriculteurs a appelé à la mobilisation des éleveurs le 19 mars à Bruxelles. Le but ? Souligner l’importance de protéger l’agriculture familiale des importations massives de viande et rappeler au consommateur " comment nous travaillons et comment notre modèle agricole durable et autonome répond aux impasses consécutives illustrées par l’agro-industrie".

> La Fédération wallonne de l'agriculture (Fwa), l'Union des agricultrices wallonnes (UAW) et la Fédération des jeunes agriculteurs (FJA) mèneront une action mercredi à 13h au Parlement wallon. Elles demandent la mise en place de nouveaux processus de fonctionnement permettant de garantir une transparence "totale" au sein des abattoirs et des outils de découpe. 

Les managers de crise dès ce vendredi

Les managers de crise qui ont été désignés par le gouvernement wallon commenceront leur mission vendredi à 14h, a annoncé Pierre-Yves Jeholet. Au nombre de deux, ces experts travailleront en binôme.

Viande vieille de 12 ans

Selon Het Laatste Nieuws, la viande de Veviba exportée vers le Kosovo, pays d’où provient la plainte à l’origine des perquisitions, et donc du scandale, était parfois vieille de 12 ans.

Un document judiciaire indique que "le 19 septembre 2016, un camion de viande issue de Veviba à Bastogne est arrivé au Kosovo. La majorité des étiquettes étaient déchirées. Sur les petites restes qui en étaient encore visibles, il apparaissait que la viande datait de 2004. Il apparaissait également qu'une partie de la viande provenait des abattoirs d'Izegem et Harelbeke. Elle avait été ré-emballée dans des boîtes portant la marque Veviba".

L'Afsca a été contactée le même mois et a été mise au courant de cette découverte par les services de l'inspection alimentaire kosovars.

Il devront d’abord établir une photographie complète de la situation sanitaire. "Le bureau établira un plan d'actions à court terme afin de restaurer les normes sanitaires nécessaires pour une éventuelle reprise des activités, ainsi que des actions à moyen et long termes en vue d'assurer un contrôle qualité adéquat."

Dans un second temps, l’ingénieur agronome Christian Kerkhofs analysera la situation générale de la société "au regard des réseaux commerciaux et de la situation du personnel".

Les sous-traitants inquiets

Veviba a tenté, lors d’une réunion lundi, d’apaiser ses travailleurs quant à leur avenir. Mais le permanent CSC Alimentation et Services Bernard Van Wynsberghe rappelle toutefois être "inquiet pour ce qui est des autre travailleurs car si on parle de 300 personnes actives sur le site, il semble qu’environ 80 d’entre-elles seulement soient employées par Veviba. Et le sort des 220 autres n’est pas clair".

Parmi les sous-traitants, Activa Meat, une firme qui emploierait quelque 70 personnes sur le site bastognard. "En ce qui les concerne on évoque du chômage pour force majeure mais aussi du chômage économique. Le souci est que le temps d'intervention de l'Onem n'est pas le même dans les deux cas: un jour dans le premier, sept jours pour le second. D'où notre inquiétude", explique le syndicaliste.

→ Les autres sous-traitants ne sont pas connus par Bernard Van Wynsberghe.

Les employés défendent leur honneur

Dans un communiqué, les travailleurs de Veviba à Bastogne ont exprimé leurs sentiments: "Nous souhaitons communiquer notre incompréhension face à la situation de ces derniers jours", indique le communiqué signé par "toute l'équipe de Bastogne."

"Nous souhaitons communiquer notre incompréhension face à la situation de ces derniers jours", indique le communiqué signé par "toute l'équipe de Bastogne."
Personnel de Veviba
Dans un communiqué

"Nous aimerions par la même occasion rétablir la vérité sur nos conditions de travail et réagir face aux propos mensongers qui ont été publiés", expliquent les travailleurs. "Pendant de nombreuses années, nous avons assuré les livraisons de nos viandes dans la grande distribution avec tout le respect et le professionnalisme dus à notre métier. Des contrôles réguliers d'organismes internes et externes nous ont toujours assuré une production rigoureuse aussi bien en matière de traçabilité que d'hygiène. Étant nous-mêmes consommateurs de nos propres produits, nous voudrions rassurer l'opinion publique quant à la qualité de nos préparations." Le personnel affirme aussi rester uni et attendre avec impatience de pouvoir reprendre son activité.

Contenu sponsorisé

Partner content