La fête aux séries (intelligentes) revient à Bozar

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"Are you series?" Oui, et comment! La 6e édition du festival fait la part belle aux séries européennes, en pleine forme et sur grand écran.

N’en jetez plus. L’offre part tous azimuts avec cette 6e édition du festival. En ouverture et en grande pompe, une série belge francophone, s’il vous plaît! ("Ennemi Public", 2e saison). Les deux salles seront ouvertes pour accueillir un maximum de fans, et toute l’équipe sera présente. Dans la foulée, deux séries flamandes: "Over Water" et "De Dag". Dans l’une, une star en désintox se retrouve à travailler au port d’Anvers. La seconde, très noire, revisite la prise d’otages, du point de vue de la police et des criminels… À découvrir en avant-première, épinglons parmi d’autres "L’amica geniale", basé sur la série de romans d’Elena Ferrante. Dans les bidonvilles de la banlieue napolitaine, les jeux de deux enfants bien moins innocents qu’ils n’en ont l’air…

Ou alors Bruno Dumont et sa mini-série "Coincoin et les Z’hinumains", suite du désormais culte "P’tit Quinquin". Le cinéaste habitué à un cinéma art et essais très pointu continue à explorer les frasques d’une communauté du Nord-Pas-de-Calais avec cet humour totalement décalé, irrévérencieux, absurde qui le caractérise… En clôture, la série anglo-canadienne "Condor" avec Max Irons, William Hurt et Brendan Fraser: le suspense est de mise avec cette revisite du roman de James Grady "Les trois jours du Condor"…

CoinCoin et les z'inhumains

À ces 7 jours de fête, il faut ajouter en parallèle les rencontres professionnelles, avec 20 producteurs invités. Comment on écrit une série télé? Qu’est-ce qu’il convient de mettre en place en termes de narration? Quel en est l’écosystème économique? Ce "Série-lab" rassemble 20 projets européens triés sur le volet, en développement artistique ou en recherche de financement, qui se verront pitchés par les auteurs et producteurs pour trouver une diffusion télé, un coproducteur ou un diffuseur. Le programme quant à lui reste très européen. Tour d’horizon avec Laure Hendrickx, coordinatrice du festival "Are you series?" à Bozar.

"Il faut noter la présence d’Adam Price, le showrunner qui a révolutionné le genre dès 2010 avec ‘Borgen’."

Un coup de cœur?

"Il Miracolo", que nous coprésentons avec le mythique Séries Mania de Lille, auparavant à Paris. Le showrunner n’est autre que Niccolo Ammaniti, romancier transalpin, star des lettres dans son pays. Tous ses romans ont été adaptés au cinéma en Italie, dont "Io et Te", signé par un certain Bernardo Bertolucci pour son dernier film. Il se met enfin à la série. Il a tout écrit seul bien évidemment, et il a participé de très près à tous les étages de la création en chapeautant les trois réalisateurs attitrés. La série sera visible en janvier sur Arte. Elle va mélanger crise politique et crise de "foi" des protagonistes.

Et au niveau des invités?

Il faut noter la présence d’Adam Price, le showrunner qui a révolutionné le genre dès 2010 avec "Borgen", le quotidien du Premier ministre (femme) du Danemark. Il vient nous présenter sa dernière petite merveille, "Ride Upon The Storm" ("Au nom du père", 5 étoiles dans notre Écho des séries du 28/11, à voir en ce moment sur Arte), soit le quotidien d’une famille de pasteurs dans le Danemark profond. Cerise sur le gâteau: une masterclass où il nous racontera tout de sa méthode de travail. Nous aurons aussi "Hippocrate", d’après l’univers de Thomas Lilti qui avait signé un long-métrage du même nom, dans le milieu hospitalier. Là aussi, toute l’équipe ou presque sera là: on sent clairement l’envie des créateurs de rencontrer le public. La série n’est plus synonyme de solitude derrière son petit écran.

Comment expliquez-vous le succès grandissant des séries?

C’est de l’ordre de l’intime. On regarde ça chez soi, seul ou en famille. Il y a une dimension proche du culte rendu, on se prépare, c’est extrêmement personnel. Et grâce à l’étalement sur la durée, on peut réellement entrer dans la psychologie, dans le cœur des personnages. On va d’une intimité (celle des héros) à une autre (celle du public). À l’opposé, il y a la grand-messe du cinéma, la salle, la connivence avec le groupe. "Are You Series" permet d’obtenir le meilleur des deux mondes. Sans oublier la présence des réalisateurs et des équipes…

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