"Black Mirror" se mord la queue

©Netflix

Dans sa cinquième saison, "Black Mirror" se mord la queue et devient la dérive du système qu'elle dénonçait jusqu'alors avec une superbe impertinence.

La cinquième saison de "Black Mirror", la série qui a fait glisser le terme "dystopie" dans nos habitudes, est arrivée presque discrètement sur Netflix en juin dernier. Trois épisodes, trois récits incarnés par un casting excellent, mais tristement dénués du mordant qui nous avait attirés dans les premières saisons quand, encore sonnés de l’épisode précédent, nous enchaînions sur la suite de l’anthologie qui démontait pas à pas chacune de nos addictions technologiques.

Cette cinquième saison, nous l’avons vue, non parce qu’elle était particulièrement attendue, mais surtout parce que bon, on avait regardé toutes les saisons précédentes, on voulait la voir de nos propres yeux et surtout avoir la satisfaction du travail accompli, le Saint Graal de la peak TV: une série clôturée. Et c’est précisément le souci.

Alors que les heures de séries à visionner excèdent largement le nombre d’heures que l’on peut raisonnablement (ou pas) y consacrer, la série autrefois complexe, maîtrisant le twist du récit et dégainant systématiquement une nouvelle facette à l’histoire qu’on pensait établie, s’est fait prendre au jeu qu’elle dénonçait: elle sort une saison creuse, uniquement parce que l’intérêt du public n’était pas encore éteint. C’est maintenant chose faite, avec à la clé une leçon pour son créateur, Charlie Brooker: quand tout est dit, se taire.

Black Mirror - Saison 5


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