"Il Miracolo" dans une Italie tourmentée

©Montesi Antonello

La fresque sérielle de Nicolo Ammaniti se passe sur fond d’Italexit et reflète les tensions sociales et politiques que le pays connaît.

Nous commençons notre série de coups de cœur par une œuvre remarquée et remarquable: la fresque sérielle de Nicolo Ammaniti, plusieurs fois primé pour ses romans dont "Comme Dieu le veut", prix Strega 2007. Récompensée par le prix spécial du jury de Séries Mania 2018, cette série très actuelle d’Arte se passe sur fond d’Italexit et reflète les tensions sociales et politiques que le pays connaît.

En italien, ce qui rajoute une touche originale aux récentes séries européennes, "Il Miracolo" parle de religion, mais comme le disait son créateur, celle-ci n’est "qu’un déclencheur qui engendre chez [ses] personnages des doutes et des réflexions".

Le romancier a par ailleurs vite compris les avantages de la série télé: cette dernière "m’est apparue comme la forme idéale, car elle offre un espace narratif proche de celui d’un roman, vous donnant la possibilité d’approfondir tous les personnages et de construire des récits entrelacés". Et il n’oublie pas l’aspect photographique: "Le sang à l’écran est plus fort que sur une page. Il faut le voir, il faut une couleur, une lumière. ‘Il Miracolo’ est né comme une idée visuelle et non littéraire. J’ai imaginé cette Vierge pleurant du sang, et il m’a semblé juste de lui donner une réalité physique."

On ne se lasse pas de recommander cette histoire de Madone pleurant des larmes de sang humain tant elle suscite des réactions contrastées face à l’inexplicable et porte un regard incisif sur la société transalpine d’aujourd’hui.

Bande-annonce

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