"Killing Eve" infiltre habilement la série d'espionnage.

©BBC America

Élégante et dérangée à l'image de ses héroïnes, "Killing Eve" infiltre habilement le bastion masculin qu'est la série d'espionnage.

Dans un resto berlinois, Villanelle déguste une boule de glace, en dévisageant une enfant qui en fait autant quelques tables plus loin. Villanelle la toise, se lève, puis quitte les lieux le sourire aux lèvres en renversant au passage la vanille-fraise de la petite sur sa robe.

Killing Eve | Bande annonce

Pas une goutte de sang, pas un cri, pas un mot, pourtant la scène d’ouverture de "Killing Eve" nous a dit l’essentiel sur son personnage principal, une tueuse élégante, mystérieuse, et franchement dérangée qui répond au nom de code de Villanelle (Jodie Comer). Après avoir exécuté un politicien russe sous les yeux d’un témoin laissé en vie par inadvertance, Villanelle est repérée puis pourchassée sans relâche par une brillante agent de bureau du MI5 qui aspire à plus d’excitation professionnelle, Eve Polastri (Sandra Oh, la Cristina de "Grey’s Anatomy" employée ici à sa juste valeur).

Librement inspirée des romans courts de Luke Jenning, cette traque obsessionnelle a pris forme sous la plume de Phoebe Waller-Bridge, également en charge de la génialissime "Fleabag", dont on retrouve ici, par touches, l’humour insouciant souvent narquois, oscillant sans effort avec l’angoissante tension d’une poursuite à la "Hannibal".

Si l’écriture vive et surprenante de "Killing Eve" ne réinvente pas le récit d’espion, elle ouvre définitivement une brèche aussi nécessaire qu’exaltante en permettant aux deux héroïnes d’infiltrer, en le sublimant, un genre essentiellement masculin.

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