"Waco" nous laisse sur notre faim

©Spike TV

En revisitant le siège de la secte de David Koresh en 1993, "Waco" joue à être une grande série, mais nous laisse sur notre faim.

À l’ère de la Peak TV, où l’offre de séries excède largement notre capacité de visionnage, toute nouvelle concurrente se doit de faire impression rapidement. Première sortie de la nouvelle chaîne américaine Paramount, adoptant le format chéri du moment de la mini-série, et arborant un casting des plus solides, "Waco" partait avec plusieurs points d’avance dans le joyeux chaos des sorties séries. Les six épisodes relatent une affaire saillante de l’histoire américaine récente: l’assaut, en 1993, de la secte des Davidiens menée par David Koresh (Taylor Kitsch). Une cinquantaine de jours de siège brutal par le FBI qui se concluront par le suicide collectif d’environ 80 fidèles, dont une vingtaine d’enfants.

"Waco" | bande annonce

Déjà symptomatique à l’époque, l’affaire fait encore écho à de nombreuses incertitudes actuelles, alors que la militarisation de la police va de pair avec un déclin de confiance envers le gouvernement, notamment américain. "Waco" tient donc un sujet télévisuel en or, mais délaisse (ou n’a pas su identifier) ce qui fait sa force: ses protagonistes. Des agents du FBI (qui comptent pourtant dans leurs rangs un excellent Michael Shannon) aux fidèles de la secte, en passant par Koresh lui-même, la plupart des personnages sont peints à la truelle et ne dévoilent pas les nuances morales, les motivations ni les tensions psychologiques qui rendent pourtant si tragique et fascinant ce qui aurait pu n’être qu’un fait divers. Avec sa gommette de Prestige TV, "Waco" a su attirer l’attention. Il lui reste maintenant à nous expliquer ce qu’on fait là.

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